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bulletin du Fonds Mondial de Solidarité Contre la Faim


(58,5) Décembre 1997

VEGETARISME... REVOLUTION HUMANISTE

François :

Lorsque j'étais à Angers, j'espérais avoir la visite de Daniel Durand (qui est tellement pris) pour lui parler de mon alimentation végétalienne qui, je pense conviendrait tout à fait aux plus miséreux de la planète ; la viande est un poison ; il n'y a que d'excellentes raisons pour adopter le végétarisme et je ne comprends pas que vous n'en parliez jamais.

Vous parlez de spiruline qui revient cher, mais il y a mieux à la portée de tous : des graines que l'on fait germer, c'est merveilleux, c'est tout simple ; ça amuse les enfants même, et combien bénéfiques autant céréales, légumineuses et autres telles qu'une cuillerée à café de luzerne que je prends tous les matins tout l'été, de graines de froment en hiver riches en vitamines D quand le soleil manque... ça met 2 ou 3 jours à germer ; il y a des germoirs en plastique ou en grès à 3 godets ; les premières 24 heures plongées dans l'eau puis après l'humidité suffit. Il faut les passer sous le robinet tous les jours ou les baigner dans un bol puisque ça dégag des impuretés, c'est donc tout ce qu'il y a de meilleur ; c'est toute une plante que l'on mange ; c'est la première chose que l'on devrait apprendre même à l'école maternelle. Non ! on dirait une conspiration du silence sur tout ce qui serait formidable pour la santé ; les légumes crus et frais et bios autant que possible, des fruits crus ou secs également, céréales plutôt germées.

Je pense fortement que ce serait la plus grande révolution humaniste de tous les temps ; c'est trop simple sans doute ; et c'est pourquoi je pense depuis bien longtemps qu'il n'y aura plus d'humains pour la fin du prochain siècle ; ça va être infernal, inimaginable à mon point de vue, et ça semble irrévocable actuellement ; les gens sont insatiables et n'aspirent qu'à tirer leur épingle du jeu. On affame les pays pauvres en mangeant de la viande ou du poisson qui rentrent en putréfaction aussitôt mort, qui ont peur et souffre avant de mourir ; ils sont stressés, ce qui provoque des purines dans la viande, sans compter le reste ;c'est obligé que ça rende malade. Même l'Eglise machiavélique a autorisé de manger la viande le vendredi, alors que 24 h de jeûne par semaine eussent été bénéfiques ; ça fait marcher le commerce, docteurs et autres ; ce sera la honte des pays industrialisés. En technique, on sait tout faire, mais avec des humains immatures, incapables de se remettre en question comme il m'a fallu faire il y a 25 ans, condamné par les docteurs avec une bronchite chronique. J'en ai 80 et me porte à merveille.

François Q. FR-56 Sarzeau

En guise de réponse :

Dans Monda Solidareco, il est rarement question de végétarisme, parce que la question est extrêmement complexe lorsqu'on l'aborde avec des populations qui souffrent du manque de protéines. En Europe, il est possible de cultiver des céréales relativement riches en protéines (le blé complet en contient 12 %) ; dans les pays chauds le blé n'est pas adapté, et les variétés de maïs cultivées au Congo par exemple ne contiennent pas plus de 2 % de protéines (contre 6 à 8 % pour les variétés des climats tempérés). Que dire des populations qui se nourrissent traditionnellement de manioc ou de riz ? La production laitière est rare. Pour eux les protéines ne peuvent venir que des animaux : oeufs, poulets, lapins, porcs. (La germination des céréales agit essentiellement sur les lipides et la teneur en vitamines mais fort peu sur les protéines.)

Grâce à une technologie récente, la culture de la spiruline vient à point nommé. Cette algue contient jusqu'à 72 % de protéines toutes assimilables par l'organisme. Les rendements sont élevés : 80 tonnes/hectare et par an (contre 2,5 à 4 tonnes/hectare/an pour les céréales). Il est vrai que l'investissement initial (structure et formation) est assez lourd, mais en fin de comptes, calculés sur 10 ans, la ration journalière de protéines ne coûte pas plus de 0,60 F. C'est à la portée d'un grand nombre de budgets familiaux. Nous avons pensé aussi aux plus pauvres, parmi lesquels on trouve de nombreuses personnes mal-nutries, puisque nous travaillons aussi étroitement que possible avec les centres nutritionnels.

La raison principale pour laquelle MONDA SOLIDARECO ne traite pas davantage de l'alimentation végétarienne, c'est que le FONDS MONDIAL a pour vocation de soutenir les projets des populations. Ce n'est pas nous qui avons décidé que les femmes de Nkolntsa cultiveraient des ananas, ni que les pêcheurs du groupe La Joie s'équiperaient d'une pirogue à moteur pour aller de l'autre côté de la "barre"..., ce sont les groupes eux-mêmes qui débattent et décident de ce qui est bon pour eux, pour leurs familles, pour leur autosuffisance alimentaire et économique.

Alors "oui !" à l'alimentation végétarienne, voire végétalienne là où elle est possible et adaptée et "oui" à une bonne information sur ce type d'alimentation, mais il faudra nous la fournir ... et surtout laisser les gens se nourrir comme bon leur semble en fonction de leur environnement géographique et social.

Daniel Durand

 

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page réalisée par Daniel Durand