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Atelier Forum Social Mondial

"Nucléaire et santé : les droits de l'ADN"

Paris du 2 au 5 novembre 2017

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« La santé est le bien le plus précieux de l’humanité. Nous souhaitons le transmettre aux générations futures. Or les rayonnements ionisants provenant de l’industrie nucléaire civile et militaire continuent d’irradier et de contaminer les populations, surtout les enfants, sur plusieurs générations, engendrant en particulier des dommages génétiques irréversibles. La "communauté internationale", avec le label de l’Organisation Mondiale de la Santé, ne veut pas reconnaître ou minimise ces conséquences sanitaires ». C’est sur ce constat qu’Independent Who annonçait, le 26 avril 2017, la fin de la vigie qu’elle assurait tous les jours depuis 10 ans devant le siège de l’OMS à Genève pour dénoncer les collusions de cette institution avec l’AIEA, Agence internationale de l'énergie atomique.

La remise en question du sytème international de protection radiologique ne doit pas cesser avec la fin de la vigie, et la tenue en France du Forum Social Mondial Thématique sur le nucléaire, peut et doit être l’occasion de prolonger par d'autres biais cette exigence de vérité en coordination avec les scientifiques, les médecins et les peuples du monde, tous concernés par les effets des radiations nucléaires.

Il faut comprendre et déjouer le rôle et l'influence des organismes qui sont au cœur de l’organigramme de l’ONU (1945), à la fois en charge de la radioprotection internationale et de la préservation de l'avenir de l'énergie nucléaire : l'OMS (1946), l'UNSCEAR, Comité scientifique des Nations unies pour l’étude des effets des rayonnements atomiques (1955), l'AIEA (1957), L'AEN, Agence de l'OCDE pour l'énergie nucléaire (1958) – auxquels il faut rajouter la CIPR, Commission internationale de protection radiologique (1950). Ceux-ci s'arrogent le monopole de l'expertise, en dehors de tout contrôle démocratique, et orchestrent au niveau mondial le déni sur les effets sanitaires de la radioactivité[1], jusqu'à prendre en main le contrôle de la radioprotection et de l'information en cas de catastrophe, à travers les programmes Ethos et Core, à Tchernobyl puis Fukushima.

Ainsi, la Commission principale de la CIPR, composée de 14 membres élus par cooptation, décide pour le monde entier de l'évaluation des effets de la radioactivité et des normes de radioprotection qui s'ensuivent[2]. Ainsi, les rapports généraux de l'UNSCEAR, qui ne recensent en tout et pour tout qu'une cinquantaine de morts dus à Tchernobyl, sont reconnus par la « communauté internationale » aux diverses assemblées générales de l'ONU. Le mensonge est institué en référence. Et la France n'y déroge pas[3].

Il faut lever la loi du silence sur les conséquences sanitaires de la radioactivité, les différences entre radioactivité naturelle et artificielle, entre irradiation externe et contamination interne, les effets des doses dites 'faibles', et l'ampleur réelle des pollutions engendrées par l'industrie nucléaire, civile et militaire, les essais atomiques et les catastrophes de Mayak, Tchernobyl, Fukushima, etc.

Un objectif commun aux participants internationaux du FSM devrait être de déjouer le rôle criminel de ce système qui gangrène l'ONU[4] – pourtant censée nous représenter (mais qui ne représente en fait que les intérêts des dirigeants des États et des lobbies qui les manœuvrent) – et de mettre au point une stratégie concertée pour dénoncer les mensonges sur lesquels le lobby atomique a jusqu'ici prospéré.

Le nucléaire « militaire » n'est pas en reste. Ainsi, même si la majorité des États membres de l'ONU (122 pays sur 124 représentés) ont massivement voté, le 7 juillet dernier, un traité d'interdiction des armes nucléaires, ce sont les pays détenteurs de la bombe qui constituent le Conseil de sécurité de l'ONU, et qui ont à ce titre un droit de véto sur les décisions finales. Les questions sur le nucléaire sont donc la chasse gardée d'un certain nombre d'États qui usent de leurs prérogatives, à l'abri de tout processus démocratique, contre la majorité des autres pays[5].

Il y a 70 ans, en octobre 1947, Albert Einstein adressait une Lettre ouverte à l’Assemblée générale des Nations unies[6], dans lequel il déclarait : « Il ne pourra jamais y avoir accord total sur le contrôle international et l’administration de l’énergie atomique, ou sur le désarmement général tant qu’il n’y aura pas de modification du concept traditionnel de souveraineté nationale. Car, tant que l’énergie et les armements atomiques seront considérés comme une partie vitale de la sécurité nationale, aucune nation ne fera plus que d’accorder une attention formelle aux traités internationaux. La sécurité est indivisible. Elle ne peut être atteinte que lorsque les garanties nécessaires de la loi et d’application de la loi existent partout, si bien que la sécurité militaire n’est plus le problème d’un État seul. Il n’y a pas de compromis possible entre la préparation à la guerre d’une part et la préparation d’une société mondiale fondée sur la loi et l’ordre d’autre part. »

Le Forum sur la radioprotection organisé par Independant Who en mai 2012[7] posait ainsi la question « Que pouvons-nous faire ensemble pour que la vérité sur les conséquences sanitaires des irradiations externes et des contaminations radioactives internes, engendrées par l’industrie nucléaire civile et militaire, soit établie et reconnue ? ». Le FSM permettrait de reprendre et d'amplifier cette préocupation.

Il nous appartient de fortifier les bases d'un contre-pouvoir citoyen au niveau mondial, dans la continuité de l'action du Forum social "altermondialiste", initiée par Attac, en se basant sur l'expérience et la démarche de Citoyens du Monde (premiers à avoir parlé de « mondialisation », avant que ce terme ne soit repris et perverti par l'économie), qui propose le fondement d'un gouvernement mondial des peuples face aux manquements des institutions internationales. Pour cela, nous souhaitons que la table ronde rassemble, en plus des Citoyens du Monde, des représentants d'Independent Who, de l'IPPNW, la CIDCE, Attac, Amnesty international, les Maires pour la Paix – qui mobilisent les communautés locales et les territoires contre la menace atomique –, la LIFPL, et ETB (certains seront déjà présents pour animer des ateliers).

Les contaminations radiologiques étant transnationales, le lutte se doit d'être mondiale. Il faut repenser les règles d'un droit démocratique mondial, et l'atelier devra y réfléchir, à la lumière des expériences déjà menées dans ce sens – comme celle des Citoyens du Monde[8], des Maires pour la Paix, du Tribunal Russel, du Tribunal Permanent des Peuples[9], et déboucher sur des actions coordonnées et concrètes pour l'arrêt du nucléaire civil et militaire au niveau mondial.

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Notes

  1. Comment sommes-nous "protégés" contre le rayonnement ? Les normes internationales de radioprotection. Le rôle de la Commission internationale de protection radiologique, Roger Belbeoch, SEBES, Radioprotection et droit nucléaire, Genève, 1998 (http://www.akademia.ch/sebes/textes/1998/1998RB_proteges.htm).
  2. « Le maillon faible du « système atomique » est donc clairement la CIPR, une aberration sur le plan institutionnel et une organisation dont les finances sont très dépendantes de sa bonne renommée et du soutien des autorités politiques. Celle-ci influençant celui-là. En pratique, la charrue de la radioprotection institutionnelle a été mise avant les bœufs de la connaissance détaillée des effets des dites faibles doses de radiations sur le vivant. (…) On comprendra que, face au « clergé » de la religion atomique (…), l’engagement des politiques ne pourra se passer du soutien d’une forte mobilisation citoyenne, dans le monde entier. ».
    Yves Lenoir, La Comédie atomique, La Découverte 2016 - repris dans Atomes crochus n°5, janvier 2017 (http://journeesdetudes.org/atomescrochus/AC5/).
  3. «  Les autorités françaises ont choisi les niveaux d'exposition les plus élevés possibles »,
    Corinne Castanier, Criirad, Atomes crochus n°5 : http://journeesdetudes.org/atomescrochus/AC5/castanier.html
  4.  L’UNSCEAR a été instituée en 1955 pour décréter la « Vérité » des effets des radiations. Sa création visait à favoriser la fondation de l’AIEA (1957) afin d’enclencher de la manière la plus harmonieuse possible l’entrée de l’Humanité dans l’ère de l’énergie atomique. La survenue d’accidents graves a nécessité l’extension de ses missions, qui sont aussi celles de la CIPR et de l’OMS, à savoir préserver l’avenir de l’énergie atomique en rendant socialement et politiquement acceptables l’exposition aux retombées radioactives et l’ingestion de nourriture contaminée par des radioéléments artificiels. », Yves Lenoir, mars 2017 : https://reporterre.net/De-Tchernobyl-a-Fukushima-le-meme-mensonge-officiel-sur-la-radioactivite.
  5. .« Nous savons qu'il faut beaucoup de courage à un Chef d'Etat pour renoncer à son arsenal nucléaire mais c'est un acte fondateur pour construire un monde véritablement en paix et en sécurité. C'est à la France, pays des Droits de l'Homme, de donner un nouvel élan à la Charte des Nations Unies qui invite les membres de l'ONU à régler leurs différends internationaux par les moyens pacifiques afin que la paix et la sécurité internationales ne soient pas mises en danger. », Ligue Internationale des Femmes pour la Paix et la Liberté, Paris, le 20 juillet 2017 (http://coordination-adn.fr/2017/Lettre_ouverte_au_President_de_la_Republique.pdf)
  6. . Lettre ouverte à l’Assemblée générale des Nations unies : http://www.pressefederaliste.eu/La-route-de-la-paix. Analysant les difficultés de l’ONU naissante (les inconvénients du droit de veto, la rivalité existant entre Assemblée générale et Conseil de sécurité, etc.), Albert Einstein proposait dans cette Lettre ouverte des pistes de réformes, notamment que l’Assemblée générale des Nations unies soit accrue dans cette perspective (au détriment du Conseil de sécurité) et que les délégués des nations à l’ONU soient désormais directement élus par leurs peuples respectifs,dans le but de pousser les États membres à œuvrer dans la direction de la transformation de l’ONU en une autorité supranationale, jetant ainsi les bases d’un véritable gouvernement mondial.
  7. . Voir le colloque « Radioprotection et droit nucléaire », organisé par Independent Who à Genève en mai 2012 : http://independentwho.org/fr/2012/06/21/forum-enregistrements-mai2012 – et la synthèse de l'atelier « Radioprotection des populations » par Nicole Roelens : http://www.recim.org/dem/lib-fr.htm#13057.
  8. . « (...) Nous demandons la création d'une Institution mondiale supranationale à pouvoirs réels et bien définis pour promouvoir, à l'échelle mondiale, les études sur les énergies douces, et pour élaborer un programme de démantèlement progressif des centrales nucléaires existantes. » Déclaration du Congrès des Peuples, « Énergie nucléaire mondiale », le 28 novembre 1982 : http://www.recim.org/kdp/dm19-fr.htm
  9. . Voir le jugement du Tribunal Permanent des Peuples SEBES, Radioprotection et droit nucléaire, Genève, 1998 : http://www.akademia.ch/sebes/textes/1998/98TPP.html

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FSM-AN - atelier 18

Libérer l'ONU du nucléaire, une question de survie

Comprendre le rôle de la techno-dictature nucléaire dans le processus d’autodestruction de l’espèce humaine afin d’agir efficacement contre son emprise politique internationale.

Atelier proposé par Fin du Nucléaire Belgique, l’Assemblée des Citoyens du Monde et la Ligue Internationale des Femmes pour la Paix et la Liberté, et animé par Nicole Roelens, Francis Leboutte et Michel Lablanquie

Il abordera la destructivité du nucléaire sous trois angles :

  • l’angle médical, avec le constat des conséquences des "faibles" doses et la nécessité de refonder la radioprotection, présenté par Paul Lannoye ;
  • l’angle stratégique, avec le décryptage des instances pronucléaires de l’ONU qui organisent le déni du réel et l'impunité de l'industrie atomique, par Yves Lenoir ;
  • l’angle anthropologique, avec l’analyse de l’inconscience collective produite par l’hégémonie des techno-phallocrates, par Nicole Roelens.

En articulant ces trois approches, nous rechercherons les pistes d’actions internationales prioritaires pour contrer le déni de la radio-contamination, dénoncer les comités pseudo-scientifiques pronucléaires de l’ONU, et obtenir la décision planétaire d’arrêt du nucléaire.

Informations et textes ressources : <tinyurl.com/yazl94mr>

Le tract du Forum Social Mondial antinucléaire (en pdf)

Le dossier de l'atelier (en pdf)

http://fsm-antinucleaire2017.nuclearfreeworld.net/

Contact : michel.lablanquie@free.fr
06 46 41 08 11

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Personnes présenties pour l'atelier, et sources :

Yves Lenoir, président d'Enfants de Tchernobyl Belarus (ETB), auteur de La Comédie atomique
« On voit bien que l’action suggérée devrait être internationale. Mais malheureusement, les esprits sont polarisés par la problématique de « l’arrêt du nucléaire » qui n’a pas grande consistance si perdure l’image d’accidents sans conséquences autres que thyroïdiennes et psychologiques, dans un contexte de terreur climatique. Disqualifier l’édifice de la radio-protection apporterait de l’autorité aux papiers scientifiques et aux témoignages sur les séquelles sanitaires de ces accidents. Les apôtres de la poursuite de l’explotation de l’énergie atomique perdraient ainsi un atout majeur. Ne leur resterait que le climat, argument affaibli ipso facto face aux dégâts réels constatés des radiations en regard de ceux hypothétiques invoqués, compte tenu de la part minime que l’énergie atomique s’échine sans grand succès à conserver dans le mix énergétique mondial. »
Yves Lenoir, correspondance pour Atomes crochus n°5.
« L'UNSCEAR doit être dissout », Yves Lenoir, mars 2017 :
https://reporterre.net/De-Tchernobyl-a-Fukushima-le-meme-mensonge-officiel-sur-la-radioactivite.

Alain Dubois, biologiste, auteur de Jean Rostand, un biologiste contre le nucléaire, Berg International
« Ce que nous sommes en droit d'attendre de notre gouvernement est la mise à l'arrêt sans délai des réacteurs de toutes les centrales nucléaires du pays, comme l'un des éléments de l'Etat d'urgence - et comme l'a fait immédiatement le Japon après la catastrophe de Fukushima. Puis, avant d'envisager leur remise en route, le développement d'un vaste débat national libre sur cette question, où tous les points de vue pourront s'exprimer. N'est-il pas hallucinant que, dans le pays le plus nucléarisé du monde, les citoyens n'aient jamais une fois depuis 1958 eu l'opportunité de s'exprimer, soit par vote direct par référendum, soit à travers leurs élus parlementaires, sur l'opportunité de lancer, développer et maintenir une "force de frappe" nucléaire (qui fait avant tout de notre pays une cicle potentielle!) et un nucléaire "civil" (quoiqu'étroitement lié au nucléaire militaire), toutes les décisions dans ce domaine ayant été prises au niveau de l'exécutif sans débat parlementaire ? (…) Pour que quelque-chose bouge dans ce domaine, ne faudra-t-il pas qu'enfin les citoyens se mobilisent massivement, demandent des comptes et exigent que leur voix soit entendue ? », Alain Dubois, « Et le risque d'attentat sur une centrale nucléaire ? », Blog Médiapart, novembre 2015 : http://www.transition-energetique.org/2015/11/et-le-risque-d-attentat-contre-une-centrale-nucleaire.html

Jacques Testart, biologiste, préface de Jean Rostand, un biologiste contre le nucléaire
« La catastrophe nucléaire au Japon oblige nos dirigeants à justifier leurs décisions et les citoyens passifs à s’interroger. Alors on parle de référendum mais le pouvoir affirme qu’une telle procédure n’est pas nécessaire puisque les citoyens pourront exprimer leur choix en 2012 lors de l’élection présidentielle ! C’est se moquer du monde (…) Faute d’une mobilisation médiatisée de grande ampleur et de longue durée il est clair que nombre de réponses à une consultation nationale seraient aléatoires ou subjectives. Pourquoi alors ne pas recourir à une autre forme de participation dans laquelle l’avis des citoyens serait réellement éclairé parce que consécutif à des informations complètes et contradictoires ? (…) Et puisque l’atome ignore les frontières, pourquoi ne pas étendre ces consultations à l’Europe ? Et puisque les frontières de l’Europe ne sont pas celles de l’humanité, pourquoi l’ONU ne prendrait-elle pas en charge de multiples consultations mondiales ? ». Jacques Testart, « Mettre le nucléaire en démocratie », Libération, avril 2011, http://jacques.testart.free.fr/index.php?post/texte883.

Nicole Roelens
Voir son texte sur la résolution de l'ONU : http://www.recim.org/dem/lib-fr.htm#17713

• des Citoyens du Monde, des Maires pour la Paix, Independent Who, l'IPPNW, la CIDCE, Attac, Amnesty international, la LIFPL, ETB...

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