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55 - Juillet 1984

SAKHAROV
" Niet " a répondu Tchernenko à Mitterrand lorsque ce dernier a évoqué le cas Sakharov. Ce " non " définissait le principe de non-ingérence dans les affaires intérieures de l'Etat.

Qu'ont fait Pinochet ou Sékou Touré ? qu'ont fait certains pays " démocratiques ", par exemple la France lors de la guerre d'Algérie ou l'Allemagne au moment des " Arbeitverbot " et bien d'autres pays ? la même réponse.

N'est-ce pas la preuve que le mure de la souveraineté nationale absolue sur lequel est bâti chaque Etat empêche l'intervention extérieure qui permettrait le contrôle du respect des droits de l'homme ?

La famille de Sakharov (puisque aujourd'hui c'est lui le " cas-type " ... mais hélas pas le seul !) envisage de faire appel à l'ONU. Quelle intervention pourra effectuer l'ONU ? Pourra-t-elle rencontrer Sakharov par exemple ? Certainement pas. De quel pouvoir bénéficie l'ONU ? Aucun. Mais à quel organisme pourrait-on s'adresser ? Aucun. Il n'en existe pas. Rappelons à ce sujet quelques déclarations :

René CASSIN prix Nobel de la Paix, déclarait le 14/ décembre 1948 que " pour llimiter les abus monstrueux de la souveraineté nationale absolue, les Etats n'avaient pas encore désarmé la répugnance qu'ils ont à l'égard des ingérences de la communauté internationale dans leurs affaires domestiques ".

Gaston THOUR, alors Président du Gouvernement du Luxembourg, écrivait dans " Le Monde " du 10/12/76 : "Le but à terme de l'action à entreprendre est la reconnaissance et la protection au niveau international de l'autonomie juridique de l'individu. Sa réalisation s'est jusqu'ici heurtée à la difficulté de concilier le principe de la souveraineté nationale et les idéaux exprimés dans la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme. La solution à ce problème délicat ne peut être trouvée qu'au prix d'un transfert, librement consenti et dans des conditions définies, à une autorité internationale d'une portion de souveraineté jusqu'ici réservée exclusivement à l'Etat national. "

Kurt WALDHEIM, alors Secrétaire Général de l'ONU, le 12/09/77, mettait en cause, lui aussi, l'article 2 § 7 de la Charte des Nations Unies qui stipule " Aucune disposition de la présente Charte n'autorise les Nations Unies à intervenir dans les affaires qui relèvent essentiellement de la compétence nationale ".

Alors, comment serait-il possible d'intervenir à l'intérieur d'un Etat s'il n'accepte pas une certaine érosion de sa souveraineté nationale qui permettrait à une Institution Mondiale Supranationale de constater sur place le respect, ou le non-respect, des Droits de l'Homme ?

AMIP - Agence Mondialiste d'Information et de Presse

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