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LIBRES PROPOS

René Wadlow

Représentant à l'ONU - Genève de "Association of World Citizens"
Editeur de "Transnational Perspectives"
Délégué élu au Congrès des Peuples

La crise alimentaire en Afrique de l'Est indique un besoin urgent d'une politique alimentaire mondiale

«Puisqu'un milliard de personnes qui souffrent de la faim dans la communauté mondiale croient que nous pouvons tous manger si nous mettons notre maison commune en ordre, ils croient aussi qu'il est injuste que certains meurent parce qu'il leurest trop difficile de vivre.

Stringfellow Barr Citoyen du Monde (1952)

L'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) a annoncé, dans une alerte du 22 février 2017, que les États d'Afrique orientale - Somalie, Kenya, Ethiopie, Ouganda et Soudan du Sud sont confrontés à des conditions de famine et que quelque 20 millions de personnes courent un risque grave. Les personnes les plus en danger sont les Somaliens et le Sud-Soudan où la violence armée a détruit toute l'infrastructure gouvernementale et donc la possibilité d'une action gouvernementale. Tout ce qui reste à faire dans ces deux pays l'est par le personnel des Nations Unies et les organisations non gouvernementales (ONG).

Dans les autres pays d'Afrique de l'Est, il existe des services gouvernementaux qui peuvent fournir des secours alimentaires mais qui ne peuvent pas augmenter rapidement la production alimentaire locale, le stockage local post-récolte et la livraison de produits locaux aux marchés locaux.

En outre, les conditions de famine en Afrique de l'Est sont étroitement liées à des pertes alimentaires similaires dans les pays voisins du Sahel. Les conflits armés au Sud-Soudan et en Somalie, au nord-est du Nigeria, dans certaines parties du Niger, dans le nord du Cameroun et dans la région du lac Tchad sont victimes de la violence de Boko Haram. Certains des groupes Boko Haram dans la région du lac Tchad ont dégénéré en bandits sans idéologie structurée.

En plus de l'agitation civile, il ya aussi un fort impact négatif du climat. Pendant trois années consécutives, il ya eu une pénurie de pluie, et la sécheresse affaiblit un sol déjà fragile. Même avec un retour aux pluies habituelles, la sécheresse a accentué la perte de sol, l'abaissement de la nappe phréatique et le dessèchement de petits étangs où le bétail est amené à boire. Les gens se déplacent à la recherche d'eau, créant souvent des tensions entre les habitants locaux et les nouveaux arrivants.

Il peut également y avoir un impact à plus long terme sur le changement climatique - dont aucun ne serait positif pour une plus grande production agricole.

Les Nations Unies ont demandé au gouvernement des contributions plus importantes en argent ou en surplus de nourriture. Cependant, l'ONU est confrontée à un climat politique de "fatigue de l'aide", avec des demandes constantes d'aider à l'aide aux flux de réfugiés, au renforcement des forces de maintien de la paix et à la protection écologique.

Un thème central que les citoyens du monde ont depuis longtemps souligné est qu'il doit y avoir une politique alimentaire mondiale et qu'une politique alimentaire mondiale est plus que la somme des programmes nationaux de sécurité alimentaire. La sécurité alimentaire mondiale a trop souvent été traitée comme un ensemble d'initiatives nationales de sécurité alimentaire. Si l'adoption d'une stratégie nationale visant à garantir la sécurité alimentaire et nutritionnelle de tous dans le pays est essentielle, l'accent mis sur la formulation de plans nationaux est manifestement insuffisant.

Il est nécessaire d'élaborer un plan d'action mondial en accordant une attention particulière au rôle que doivent jouer les Nations Unies et les institutions régionales si l'on veut réduire fortement la faim. Il est clair que certains organismes régionaux, comme l'Union européenne, jouent déjà un rôle important dans la définition de la politique agricole tant en termes de production que de politique d'exportation. Il est peut-être temps que l'Union africaine joue également un rôle crucial dans la mise en place du suivi des politiques et la coordination de l'agriculture.

Aujourd'hui, il est nécessaire de coopérer entre la famille des Nations Unies, les gouvernements nationaux, les organisations non gouvernementales et les millions de producteurs de denrées alimentaires pour y apporter des mesures à court terme pour aider les personnes souffrant de la pénurie alimentaire et à plus long terme Structurelles. Le monde exige une politique alimentaire mondiale et un plan d'action clair.

René Wadlow
02/03/2017


Alep: Action à court terme suivie d'une réaffirmation du droit humanitaire

Stephen O'Brien, sous-secrétaire général des Nations Unies pour les affaires humanitaires, décrivant la situation toujours plus destructrice dans et autour d'Alep, en Syrie, a déclaré: "Les parties en conflit ont montré maintes et maintes fois qu'elles sont prêtes à prendre des mesures pour sécuriser Militairement même si cela signifie tuer, mutiler ou affamer les enfants dans la soumission du processus. "

Un grand nombre de personnes sont piégées dans la ville, victimes de bombardements aveugles, de mines terrestres et d'armes à feu. Certaines personnes sont utilisées comme "boucliers humains" et sont incapables de se protéger. Les installations médicales ont été détruites et les fournitures médicales font défaut. La nourriture est incapable d'atteindre une grande partie de la population, et les efforts de secours sont incapables d'atteindre les personnes qui en ont vraiment besoin.

Pour le moment, il ne semble pas y avoir de volonté de négocier un cessez-le-feu général. Le Conseil de sécurité des Nations Unies est bloqué. Ainsi, la seule action à court terme possible est de créer des "itinéraires sûrs" pour que ceux qui souhaitent quitter les zones assiégées puissent le faire. M. Brita Hagel Hasan, un élu d'un comité administrant des parties d'Alep a fait un appel émouvant pour ces corridors humanitaires. Certaines personnes, environ 16 000 à partir du premier Décembre ont déjà été en mesure de quitter la ville, mais beaucoup plus le feraient si de véritables routes sûrs serait mise en place.

Cependant, il ya deux obstacles immédiats. Beaucoup de personnes estiment que de telles "routes sûres" ne seraient en fait pas sécuritaires. On craint qu'ils soient pris au piège, et une fois hors de leurs maisons en plein air, ils seront abattus ou bombardés. La deuxième crainte est qu'ils ne soient pas en sécurité lorsqu'ils atteignent les zones gérées par le gouvernement, mais qu'ils pourraient devenir victimes de la répression dirigée par le gouvernement.

Il y a donc un double besoin à court terme: le premier est l'accompagnement des citoyens quittant la région soit par l'ONU, soit par d'autres troupes internationales, soit par des observateurs non gouvernementaux non armés. Avec un tel accompagnement, il y aurait une certaine réticence à attaquer les personnes à pied ou dans les bus. Deuxièmement, il faut que le gouvernement garantit de façon crédible qu'il n'y aura pas de représailles contre des civils, dont la plupart vivent dans des quartiers administrés par l'opposition, souvent pendant plusieurs années. Il doit y avoir une sorte de suivi international pour s'assurer que ces garanties gouvernementales sont honorées.

Au-delà de ces efforts à court terme mais vitaux, il est nécessaire de réaffirmer à plus long terme la validité du droit humanitaire et, en particulier, de réaffirmer le respect du droit humanitaire.

Les conflits armés actuels en Afghanistan, au Yémen, en Libye et au conflit Syrie-Irak-ISISKurdes- Turquie ont vu une érosion dangereuse du respect des lois de guerre concernant les installations médicales et le personnel, concernant les prisonniers de guerre, les otages et Des civils, en particulier des femmes et des enfants. Les dirigeants du Comité international de la Croix-Rouge, des Nations Unies et des organisations non gouvernementales telles que l'Association des citoyens du monde ont lancé de nombreux cris d'alarme. Cependant, les violations de ces interdictions fondamentales des lois de la guerre continuent. Il ya eu relativement peu d'appels à des réponses créatives face à ces violations continues.

Ainsi, l'Association des Citoyens du Monde souligne la nécessité de créer immédiatement des routes sûres internationalement garanties pour l'évacuation des civils des zones assiégées d'Alep. De telles routes sûres garanties peuvent également servir de modèle pour les civils dans d'autres villes assiégées.

L'Association des Citoyens du Monde demande également une enquête sérieuse sur les raisons de l'érosion du respect du droit humain devant être suivie par une conférence des Nations Unies sur la réaffirmation du droit humanitaire.

20/12/2016


La destruction d'un patrimoine culturel condamnée par la Cour pénale internationale

Le 22 août 2016, Ahmad Al Faqi Al Mahdi a plaidé coupable pour l'organisation et la participation à la mise en oeuvre de la destruction de neuf tombes de saints soufis à Tombouctou, au nord du Mali. C'est le premier procès de la Cour pénale internationale dans lequel la destruction de sites désignés par l'UNESCO comme patrimoine culturel de l'humanité est un élément majeur de l'accusation. Le procès est un événement important pour la protection de biens culturels en période de conflit armé.

Le témoignage contre Al Faqi Al Mahdi était accablant car il était initialement fier de sa réputation iconoclaste et il parlait ouvertement dans des réunions publiques et dans ses discours de la " police morale " dont il était le guide intellectuel. Une bonne part de la pratique islamique dans le nord du Mali est influencée par le soufisme, un courant de dévotion qui met l'accent sur la pratique personnelle plutôt que sur la pratique communautaire. Les dirigeants soufis sont considérés comme des " saints " -la terminologie catholique romaine étant l'équivalent le plus proche. A la mort de certains soufis, on construit un mausolée. Dans le cas du nord du Mali, le mausolée est fait de boue séchée et de briques, plutôt facile à détruire si c'est le but. Le mausolée d'un saint devient un but de pèlerinage pour les membres de l'ordre soufi dont le saint était membre. Certaines tombes de saints qui ont une réputation particulière deviennent des sites de pèlerinage pour les gens de la région, le site est souvent considéré comme ayant des pouvoirs de guérison ou apportant une protection.

Durant la plus grande part de l'histoire malienne, les pratiques soufies coexistèrent avec une certaine tension à l'égard des autres pratiques islamiques. Cependant, les positions iconoclastes et anti-soufies de l'Arabie Saoudite ont été répandues à la fois par des prêcheurs saoudiens qui allaient prêcher dans d'autres pays et par des gens qui allaient étudier l'islam en Arabie Saoudite. Al Faqi Al Mahdi a été formé à la fois dans une école coranique non-soufie dans le nord du Mali, non loin de Tombouctou et en Arabie Saoudite. Il fut aussi formé dans une école gouvernementale du Mali pour les professeurs et Al Faqi Al Mahdi avait été le professeur principal d'une école primaire au nord du Mali

En mars 2012, le Mali était effectivement divisé en deux par un soulèvement armé dans le nord. Les deux moitiés étaient d'une taille à peu près égale, chacune d'environ la moitié de la taille de la France. Sur les 9 à 10 millions d'habitants du Mali, environ 90 pour cent vivent dans le sud. 10 pour cent de la population sont dans la partie nord du pays. La majorité des gens du nord sont des Songhoy qui se sont installés comme agropastoralistes cultivant du riz, du blé et du sorgho. Dans le nord aussi, mais en minorité contrairement aux Songhoy, il y a les Touaregs, environ 800 000, à l'origine un peuple nomade éleveur de troupeaux que l'on trouve aussi au sud de l'Algérie et au Niger. Ils se considèrent comme " Tamazight " -ceux qui parlent la langue tamazight. Touareg fut au départ un terme péjoratif. Mais le terme de Touareg était si largement utilisé qu'ils ont fini par l'utiliser pour eux même.

En mars 2012, la partie nord du Mali se trouva sous le contrôle de deux groupes touaregs rivaux avec des combattants supplémentaires non-touaregs venant d'autres pays du Sahel et du nord du Nigéria. La faction touareg la plus importante était le " Mouvement national de libération de l'Azawad " (MNLA). Elle était plus importante que sa rivale mais moins bien armée. Son objectif principal était de créer un État indépendant qui s'appellerait l'Azawad.

Le rival touareg était " Ansar Dine " -défenseurs de la foi- un groupe davantage islamiste qui voulait appliquer la loi islamique à l'ensemble du Mali. De nombreux combattants d'Ansar Dine avaient été entraînés en Lybie. Une partie de l'armée et des milices libyennes du Colonel Mouammar el-Kadhafi était composée de Touaregs qui retournèrent dans le nord du Mali avec leurs armes lors de la perte du pouvoir de Kadhafi.

Bien que Al Faqi Al Madhi ne fût pas au départ membre de Ansar Dine, il se rapprocha de plus en plus du Mouvement et de sa vision d'un Mali islamiste. De mars 2012 à janvier 2013, quand les troupes françaises furent envoyées au Mali sous mandat du Conseil de Sécurité de l'ONU, une grande part du Mali du nord était sous le contrôle de Ansar Dine qui essaya d'imposer sa vision de la loi islamique sous toutes ses formes les plus étroites et répressives. La musique, le tabac et l'alcool étaient bannis et les tombes soufies furent détruites.

Il y eut un souci international croissant concernant la destruction gratuite d'un patrimoine culturel. Le 27 février 2015, le Conseil de sécurité de l'ONU condamna la " destruction délibérée d'objets religieux et culturels irremplaçables situés au Musée de Mossoul et l'autodafé de milliers de livres et de manuscrits rares à la bibliothèque de Mossoul ". quelques jours plus tôt, des milliers de livres de la bibliothèque de l'Université de Mossoul en Irak avaient aussi été brûlés. Le Musée de Mossoul avait un grand nombre de statues des civilisations mésopotamiennes préislamiques ainsi que des statues de la période grecque. Le porte-parole de la faction de l'Etat islamique (ISIS) qui réalisa la destruction soutint que les statues représentaient des dieux adorés alors que seul le vrai dieu devait recevoir l'adoration. Cette approche des croyances préislamiques et de leur culture matérielle est la même qui a conduit à la destruction des grandes statues de Bouddha à Bamian, en Afghanistan, monuments qui témoignaient de la riche culture le long de la route de la soie.

Cependant, la destruction des tombes soufies à Tombouctou met en lumière de nouveaux courants dangereux de divisions au sein de la communauté islamique -des actions anti-soufies qui doivent être surveillées et contrées.

Il y a eu des efforts antérieurs pour préserver l'héritage culturel à l'époque de conflits armés, en particulier le Pacte panaméricain Roerich en 1935 et la Convention de La Haye en 1954. Le procès de Ahmad Al Faqi Al Mahdi par la Cour pénale internationale est le premier cas concernant une Cour internationale qui s'occupe de dommages délibérés contre des sites culturels désignés par l'UNESCO. Bien que les tombes soufies aient été reconstruites, essentiellement grâce aux efforts de la population locale, le concept de criminalisation de la destruction délibérée du patrimoine culturel devient petit à petit une part du droit mondial. C'est une tendance qui doit être encouragée.

24/08/2016

Article traduit de l'anglais par Jean-Luc Prével
publié en français dans "Fedechoses" n° 173
en anglais dans Foreign Policy News


LA MIGRATION ET L’EXODE DES RÉFUGIÉS : UN DÉFI POUR LE MONDE ENTIER

Pendant l’été 2015, la communauté internationale a dû s’inquiéter plus que jamais encore des raisons qui poussent des personnes à entreprendre un exode de masse – tels que les réfugiés et les migrants. Il est devenu bien trop facile de s’habituer à l’iconographie qui est celle du réfugié : personnes déplacées en Europe à l’issue de la Seconde Guerre Mondiale, déplacés internes chinois durant la guerre civile de Chine, la lutte des Juifs pour entrer en Palestine avant la création d’Israël suivie elle-même de la fuite des Palestiniens, Hongrois en 1956 et boat people du Vietnam – ces réfugiés qui faisaient la une de la presse mondiale et tous les autres trop souvent oubliés. Toute la détresse humaine accumulée depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale se montre si pesante et rémanente qu’elle a encore aujourd’hui pour effet de nous paralyser.

Toutefois, l’été 2015 a apporté à nos yeux et esprits les images de réfugiés et de migrants noyés au large, ou qui tentaient désespérément de se frayer un chemin à travers les barbelés, telles que les clichés les plus récents des morts enfermés à bord d’un camion à la frontière entre la Hongrie et l’Autriche.

Jusqu’à présent, les gouvernements des Etats membres de l’ONU se sont bornés à croire que la sécurité et le maintien de la paix étaient des questions purement politiques, à distinguer autant que faire se peut des efforts humanitaires à entreprendre en urgence. Dans presque toutes les situations qui ont entraîné des départs en masse de populations, les efforts de l’ONU pour résoudre le conflit avaient échoué et l’aide humanitaire avait fait de son mieux pour panser quelques plaies. Tant le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés que les organisations non-gouvernementales œuvrant dans le domaine du secours direct s’étaient efforcés de laisser autant que possible les considérations politiques de côté. Et pour cause – l’analyse politique mène inéluctablement à la controverse, à des accusations de partialité, si ce n’est à se voir taxer d’incompréhension des complexités historiques de telle ou telle situation.

Quand l’on fuit son pays, c’est toujours pour des raisons diverses et variées, la plupart du temps en raison de plusieurs facteurs qui s’additionnent plutôt que pour une seule raison : guerre ou insurrection, l’écroulement de la loi et de l’ordre, l’oppression, la persécution, ou encore parce que l’on se voit refuser la moindre chance au plan socio-économique. Certains peuvent n’avoir pas été pris sciemment pour cible par la répression, mais penser pour autant que leur pays ne peut leur offrir un avenir digne de ce nom et souhaiter pour cela tenter leur chance ailleurs. Il se peut aussi que des membres de minorités ethniques ou religieuses aient dû quitter leur terre sous la menace de la force.

Il existe un lien indéniable entre les violations des Droits de l’Homme, le refus institutionnel d’une participation populaire au développement et la migration pour des raisons économiques. Si les écrits ne manquent pas en matière de migration pour de telles raisons, la diversité et l’ampleur du phénomène ne sont pas toujours prises en compte et une grande partie de la migration s’effectue de manière clandestine. La migration est un phénomène de plus en plus complexe, que nous ne sommes pas encore en mesure d’analyser comme il se doit. Ce n’est que relativement récemment que la Banque mondiale a mis en place un programme de recherche sur la migration et le développement au niveau international, en grande partie après avoir pris conscience du caractère substantiel des sommes d’argent qu’envoient les migrants à leurs familles restées au pays. De même, ce n’est que depuis peu de temps que les aspects de la migration liés au genre, masculin ou féminin, font l’objet d’études en eux-mêmes. Selon les informations que fournit la Banque mondiale, près de la moitié des migrants transfrontaliers dans le monde sont des femmes, ce pourcentage étant encore plus important parmi les employés de maison et les aides-soignants. A l’aune de ces données, il est possible de comprendre que la migration internationale ne peut pas être complètement comprise sans passer par le prisme du genre. L’on peut aussi voir que les politiques de développement et la migration internationale sont bel et bien deux composantes d’un seul et même processus.

Il est certain qu’il n’existe aucune solution facile au problème des exodes de masse. Des changements complexes d’attitudes et de valeurs devront intervenir si nous voulons nous voir comme des citoyens du monde entier qui ont, en tant que tels, la responsabilité collective de prendre soin des sept millions d’habitants de la planète et de les protéger. La communauté mondiale doit développer un « système d’alerte précoce » autrement plus performant, de manière à ce qu’une action préventive puisse être prise en amont du déclenchement des violences et des destructions qui, à leur tour, entraîneront un flot de réfugiés. Pour faire la paix, il faut des bâtisseurs ; il est nécessaire de mieux former des travailleurs humanitaires et de pouvoir faire appel plus rapidement aux personnes dotées des aptitudes et de l’expérience appropriées. Qui plus est, il est probable que les changements climatiques vont bouleverser en profondeur l’environnement, et avec lui les constantes des établissements humains, créant ce que d’aucuns appellent d’ores et déjà des « réfugiés climatiques ».

Le monde devient de plus en plus conscient du besoin d’organiser, sous l’égide des Nations Unies, une Conférence mondiale sur la Migration comme ont eu lieu dans le passé des conférences des Nations Unies sur l’environnement, la population, l’alimentation, les droits des femmes, l’urbanisation et bien d’autres questions d’intérêt mondial. Le modèle d’organisation des conférences mondiales demeure toujours à peu près le même : conférences préparatoires régionales pour examiner les questions posées dans un cadre régional en premier lieu, recueil et compilation de données statistiques, appel aux contributions des organisations non-gouvernementales (ONG), et enfin la conférence mondiale en elle-même qui produit un plan d’action. L’impact des conférences des Nations Unies est toujours maximal lorsqu’il existe un mouvement populaire, emmené par les ONG, apte à sensibiliser le grand public aux questions posées avant le début des réunions officielles. Les deux conférences des Nations Unies dont l’impact s’est avéré le plus durables sont celles de 1972 à Stockholm sur l’environnement et celle de 1975 à Mexico, à l’occasion de l’Année internationale de la Femme. La conférence de Stockholm sur l’environnement s’est ouverte à une époque où le grand public exprimait une préoccupation de plus en plus importante quant aux dégâts causés à l’environnement, tels que les symbolisait l’ouvrage amplement lu et distribué de Rachel Carson Printemps silencieux. La conférence de 1975 sur les femmes est intervenue pour sa part à un moment où l’Europe occidentale et les Etats-Unis connaissaient un fort mouvement de libération des femmes (women’s lib) et où les questions d’égalité des sexes étaient activement débattues.

Il n’existe pas d’ONG structurée et organisée qui mette en avant spécifiquement les questions liées à la migration, mais celle-ci et l’intégration sont devenues des questions politiques amplement discutées, ainsi qu’un thème récurrent des mouvements politiques qui prônent un nationalisme étroit. Cette rhétorique hostile aux migrants demande aux citoyens de prendre conscience de certains problèmes mais se garde bien, dans le même temps, d’y proposer quelque solution que ce soit. C’est pourquoi une conférence sous l’égide des Nations Unies peut fournir un cadre de discussion rationnelle basé sur des recherches et des propositions relevant d’une vision mondiale et adaptés au plus long terme.

En attendant, les Citoyens du Monde ont devant eux trois tâches urgentes en la matière :

  • La nécessité de mettre en avant les aspects mondiaux des flux migratoires, puisque ceux-ci ont un impact sur l’ensemble des pays du monde ;
  • Le besoin d’encourager les études portant sur la nature changeante des économies à travers le monde et la façon dont elles modifient les constantes migratoires ;
  • La nécessité d’anticiper les migrations causées par des changements à venir dans l’environnement terrestre.

27/09/2015


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Les Citoyens du Monde appellent à renforcer les efforts pour la Création d’une Fédération au Mali,

Le 29 Avril 2012, par un message à Son Excellence M. Ramtane Lamamra, Commissaire à la Paix et à la Sécurité de l’Union Africaine, René Wadlow, Président de l’Association des Citoyens du Monde, a lancé un appel à l’Union Africaine pour encourager la création d’une Fédération du Nord et du Sud Mali. Une solution préférable à la dissolution du pays en deux Etats indépendants, aux frontières incertaines.

René Wadlow s’est appuyé sur la récente réunion des 15 Etats membres de l’Organisation Economique des Etats de l’Ouest Africain (CEDEAO), qui s’est déroulée les 26 et 27 Avril à Abidjan. A cette occasion, les Etats de l’Ouest Africain ont convenu d’une période de transition de 12 mois, pour le Mali, suite au coup d’Etat militaire du 22 Mars, mené par les militaires sous le commandement du Capitaine Amadou Sanogo. En réaction aux très vives réactions négatives de la communauté internationale, un retour à un gouvernement civil de transition a eut lieu, le 7 Avril. Toutefois, la moitié Nord du pays est désormais sous le contrôle de deux groupes Touaregs rivaux, le Mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA) et l’Ansar Dine. Le MNLA a proclamé « Etat indépendant de l’Azawad », la moitié Nord du Mali.

« 12 mois devraient suffire pour mettre au point une nouvelle constitution qui maintienne l’unité du pays tout en reconnaissant le besoin d’autonomie du Nord et le respect du mode de vie Touareg. » Les Citoyens du Monde sont convaincus des valeurs de coopération, convaincus qu’il est possible de trouver des solutions basées sur le respect des valeurs et des positions de l’ensemble des forces en présence.

« L’association des Citoyens du Monde estime que la Commission pour la Paix et la Sécurité de l’Union Africaine est l’instance adaptée pour contribuer à la rédaction d’une nouvelle Constitution fédérale, d’autant plus que le Commissaire est un ancien Ambassadeur d’Algérie auprès des Nations Unies. Dans le passé, l’Algérie été un médiateur entre Touaregs, et entre les gouvernements du Mali et du Niger, là où se trouvent d’importantes communautés Touaregs.

La déclaration d’indépendance du Nord Mali, par le MNLA, est la première proclamation officielle de son indépendance dans l’histoire, quand bien même l’indépendance de l’Azawad a toujours été l’une des revendications des Touaregs. C’est pourquoi, il serait difficile pour les leaders Touaregs, aujourd’hui en position de force, de s’en tenir aux sempiternelles promesses de bénéficier d’une plus large autonomie au sein d’un Mali unifié. Une fédération, reposant sur une division claire du pouvoir, pourrait être une alternative acceptable, à la fois pour le MNLA et pour le gouvernement de Bamako.

« Une crise est propice à l’émergence d’efforts créatifs. Dans ce contexte, l’association des Citoyens du Monde est prête à apporter toutes ses compétences pour contribuer à la définition d’un gouvernement fédéral / confédéral.

Une période de transition de 12 mois peut paraître longue à certains, mais au regard des profonde divisions entre dirigeants du Nord et du Sud Mali, au plus tôt ces efforts seront menés au mieux auront-ils des chances de parvenir à leurs fins. Le rôle de la Commission pour la Paix et la Sécurité de l’Union Africaine pourrait être déterminant si elle retenait pour objectif la constitution d’une Fédération Malienne, une proposition qui aurait un impact fort pour créer l’atmosphère propice à la rédaction d’une telle constitution d’avenir ».

René Wadlow
le
29/04/2012


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Les femmes comme Artisans de Paix, par René Wadlow,

Ce n’est que lorsque les femmes commencent à s’organiser en grands nombres que nous devenons une force politique, et commençons à nous orienter vers la possibilité d’une société véritablement démocratique dans laquelle chaque être humain peut être courageux, responsable, de penser et diligent dans la lutte pour vivre librement et généreusement.

Le 8 mars est la Journée internationale de la Femme et donc un temps pour analyser le rôle spécifique des femmes pour la paix dans les zones de conflit. Dans cet article, j’ai exposé certains des domaines généraux à prendre en considération.

Lysistrata, immortalisée par Aristophane, a mobilisé les femmes des deux côtés durant la guerre entre Athènes et Sparte pour une «grève sexuelle» afin de forcer les hommes à cesser les hostilités et éviter l’anéantissement mutuel. En cela, Lysistrata et ses collègues grévistes étaientles précurseurs du psychologue humaniste américainAbraham Maslow, qui a proposé une hiérarchie des besoins : eau, nourriture, abris, et les relations sexuelles étant le fondement. (Voir Abraham Maslow, Etre Humain) Maslow est importan tpour le travail de résolution de conflit, car il souligne le traitement direct des identifiables besoins de façons qui soient clairement comprises pa rtoutes les parties qui sont prêtes négocier en même temps.

S’adresser aux besoins sous-jacent de chaque personne signifie que vous vous déplacez vers des solutions qui tiennent compte de ces besoins et de leur valeur plutôt que de les nier. De sonder sous la surface, il faut réorienter l’énergie en se demandant «quel sont vos besoins réels ici ? Quels intérêts doivent être soutenus dans cette situation?». Les réponses à ces questions modifient considérablement l’ordre du jour et donnent un véritable point d’entrée dans le processus de négociation.

Il est toujours difficile de trouver un point d’entrée dans un conflit, c’est un sujet sur lequel les gens sont prêts à discuter parce qu’ils sentent l’importance du sujet et toutes les parties estiment que le temps est venu de faire face à la question. L’art de la résolution des conflits est très dépendante de la capacité à obtenir la bonne profondeur de compréhension et d’intervention dans le conflit.Tous les conflits ont de nombreux niveaux. Si on commence trop profondément, on peut s’embourber dans des discussions philosophiques sur le sens de la vie. Toutefois, on peut aussi se faire dévier de la bonne voie en se concentrant trop superficiellement sur une question pour laquelle il y a un accord relativement rapide. Quand un tel accord relativement rapide est suivi par un blocage sur des questions plus essentielles, il peut y avoir un sentiment de trahison.

Depuis Lysistrata, les femmes individuellementet en groupes ont joué un rôle crucial dans la lutte pour la justice et la paix dans toutes les sociétés. Toutefois, lorsque de véritables négociations commencent, les femmes sont souvent reléguées au second plan. Cependant, une perspective de genre sur la paix, le désarmement et le règlement des conflits implique un processus conscient et ouvert d’examiner comment les femmes et les hommes participent et sont affectés par les conflits différemment. Elle exige de veiller à ce que les perspectives, les expériences et les besoins des femmes et des hommes soient traités et réuni pour la consolidation de la paix. Aujourd’hui, les conflits apparaissent partout. Comment ces conflits affectent les gens dans la société - femmes et hommes, filles et garçons, les personnes âgées et les jeunes, riches et pauvres, l’urbain et le rural?

Je voudrais souligner trois éléments qui me semblent être la contribution du «genre» aux effortsde transformation des conflits :

1) Le premier est dans le domaine de l’analyse, la contribution de la connaissance des relations entre les sexes comme des indicateurs du pouvoir.Découvrir les différences entre les sexes dans une société donnée conduira à une meilleure compréhension des relations de pouvoir en général dans cette société, et à mise en lumière de contradictions et d’injustices inhérentes à ces relations.

2) La seconde contribution est de nous rendre plus conscients du rôle des femmes dans les situations de conflit spécifiques. Les femmes ne doiventpas seulement être considérées comme des victimes de la guerre : elles sont souvent impliquées de façon significative en prenant des initiatives pour promouvoir la paix. Certains auteurs ont souligné qu’il existe un lien essentiel entre lesvfemmes, la maternité et la non-violence, en faisant valoir que celles engagées dans le travail et les soins maternels ont des motivations distinctes de rejet de la guerre qui se déroule parallèlement à leur capacité à résoudre les conflits de manière non-violente. D’autres rejettent cette position d’unparti pris sexiste envers la paix, souligne que la même propension à la non-violence à la violence se retrouve chez les femmes et chez les hommes. Dans la pratique, ce n’est jamais toutes les femmes, ni tous les hommes qui sont impliqués dans l’effort de construction de la paix. Parfois, ce n’est que quelques-uns, surtout au début des efforts de paix. La question fondamentale est de savoir comment utiliser au mieux les talents, les énergies et les réseaux des femmes et des hommes pour les efforts de résolution des conflits.

3) La troisième contribution de l’approche des genres est de mettre l’accent sur la construction sociale des rôles et d’attirer notre attention sur unecanalyse détaillée du processus de socialisation dans une société donnée. Transformer les relations entre les sexes exige une compréhension des processus de socialisation des garçons et des filles, des contraintes et des motivations qui créent des relations de genre. Ainsi, il est nécessaire d’examiner les modèles de socialisation, les incitations à la violence potentielles dans les modèles d’éducation, et les moyens socialement approuvés pour faire face à la violence.

Une prise de conscience qu’il peut y avoir des points noirs dans la vision des hommes se manifeste lentement dans les hautes sphères gouvernementales. Le Conseil de sécurité des NationsUnies, sous la pressions puissante d’organisations non gouvernementales (ONG), le 31 Octobre,2000, a émis la résolution 1325 qui appelle à une participation pleine et égale des femmes dans la prévention des conflits, les processus de paix et de consolidation de la paix, créant ainsi pour les femmes l’opportunité de s’impliquer pleinement dans la gouvernance et le leadership. Cette historique résolution 1325 du Conseil de sécurité fournit un mandat pour incorporer une perspective sexospécifique dans tous les domaines du soutien de la paix. Son adoption fait partie d’un processus au sein du système des Nations Unies à travers ses conférences mondiales sur les femmes tenue à Mexico (1975), à Copenhague (1980), à Nairobi(1985), à Beijing (1995), et lors d’une session spéciale de l’Assemblée générale de l’ONU pour étudie rles progrès accomplis cinq ans après Beijing(2000). On reconnaît de plus qu’il est important d’avoir des femmes en politique, dans les processus décisionnels et à des postes de leadership. Les stratégies que les femmes ont adoptées pour se rendre à la table des négociations sont un témoignage de leur ingéniosité, de leur patience et de leur détermination. Solidarité et organisation sont des éléments cruciaux.

8 mars : Journée internationaledes femmes est un rappel des mesuresprises et de la distance encore à parcourir

Traduit de l’anglais par Marlène le Duc


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LES CITOYENS DU MONDE APPELLENT A UN CESSEZ-LE FEU en Libye et a L’ouverture de negociations pour une nouvelle republique libyenne

Dans un message du 15 mars 2011 au Secrétaire Général de l’ONU, Ban Ki-moon, le Professeur René Wadlow, Représentant en Chef auprès de l’Office des Nations Unies à Genève de l’Association of World Citizens (AWC), a exhorté le Secrétaire Général à prendre l’ascendant en appelant à un cessez-le-feu en Libye qui mît fin aux hostilités en cours et à l’hémorragie de réfugiés. En se prolongeant et s’intensifiant, le conflit ne fait que placer un insupportable fardeau sur des lieux de soins médicaux déjà débordés et sur l’approvisionnement visant à répondre aux besoins élémentaires de la population.

Un cessez-le-feu constituerait aussi un premier pas en direction de négociations menant à un nouvel ordre constitutionnel et à une nouvelle République libyenne dont le fondement démocratique serait des plus larges.

Dans leur message, les Citoyens du Monde ont affirmé que les discussions actuelles entre quelques gouvernements et les organisations intergouvernementales au sujet de la proclamation d’une zone d’exclusion aérienne tandis que le conflit se poursuit n’étaient pas à même d’aborder le cœur du problème. La vraie question est de savoir comment aboutir à une fin des combats qui ait fait l’objet d’un accord préalable, puis d’ouvrir la porte à la nécessaire restructuration constitutionnelle du pays et à la création d’une République libyenne de large fondement démocratique.

Selon l’exemple des révolutions non-violentes de Tunisie et d’Egypte, des protestations contre le fonctionnement politique et économique de la Libye ont éclaté. Plutôt que d’entamer le dialogue, les autorités libyennes ont entrepris une politique de répression, laquelle a conduit à la violence à grande échelle que nous voyons aujourd’hui, provoquant par là même un flot massif de départs de travailleurs immigrés du pays ainsi qu’un important déplacement interne de Libyens.

Seul un cessez-le-feu permettra le début d’un traitement en profondeur des questions constitutionnelles fondamentales que le pays a affrontées depuis l’Indépendance. Lorsque celle-ci est survenue en 1951, l’autorité reposait sur le Roi Sayyid Idriss as-Sanoussi (1890-1983), dirigeant d’une importante fraternité islamique qui se montrait de longue date plus soucieuse de réformes religieuses que de la structure du gouvernement ou de la qualité de l’administration. Son gouvernement possédait quelques attributs de décentralisation et de fédéralisme, mais reposait pour beaucoup sur des confédérations tribales qui existaient depuis bien plus longtemps. (1)

Quand les officiers de l’armée menés par le Colonel Muammar Kadhafi prirent le pouvoir à l’occasion d’un coup d’Etat en septembre 1969, la discussion s’engagea pendant un cours laps de temps quant à la forme de gouvernement qu’il convenait de développer. L’idée d’un pouvoir plus centralisé faisait l’unanimité, de même que la conservation des politiques de l’ancien roi et de la Fraternité Sanoussi en matière de religion – ce qui prit le nom de néo-salafisme. Cependant, afin de ne pas mettre d’obstacles à la future unité arabe, aucune structure étatique basée sur un accord constitutionnel ne fut officiellement créée.

Le colonel Kadhafi voulait se débarrasser du gouvernement de type parlementaire et des élections visant à élire une représentation, ce au profit de comités populaires, d’un congrès du peuple et de comités révolutionnaires, tous tenus ensemble par les présomptions idéologiques de la Troisième Théorie Universelle de Kadhafi – un concept qui englobe l’anti-impérialisme, l’unité arabe, le socialisme islamique et la démocratie populaire directe. (2)

Des désaccords sur la nature de l’Etat menèrent à d’importantes divisions au sein du cercle dirigeant, notamment en 1975. Cependant, toute discussion ouverte sur la nature de l’Etat, sur la relation entre l’Etat et la société, ou encore sur la place des tribus et des fraternités religieuses, était considérée subversive, revenant à une trahison. En pratique, bien que non en théorie, le processus de décision demeurait entre les mains du colonel Kadhafi, de sa famille, de ses amis et de ses alliés tribaux. (3)

Sur le court terme, les négociations suivant un cessez-le-feu pourraient conduire à la prorogation de la structure libyenne du pouvoir concentrant celui-ci en le seul colonel Kadhafi, ainsi que ses fils et leurs alliés. Toutefois, le degré de violence constitue une indication claire de ce que la structure de l’Etat ne fonctionne pas, et que, quoi que l’on puisse lui reprocher par ailleurs, un parlement permet à certaines des exigences du peuple d’être entendues et crée des garde-fous à l’exercice du pouvoir.

Historiquement, en Libye, il existait seize tribus marabtin renommées pour leur sagesse religieuse, lesquelles servaient de médiatrices et d’arbitres au sein des structures politiques de la Libye tribale d’avant la colonisation. Cette tradition de médiation réconciliatrice existe peut-être encore, ce qui signifie que recourir aux voies traditionnelles de médiation devrait être envisagé de manière sérieuse.

Un cessez-le-feu doit être un premier pas, et l’ONU, l’institution la plus appropriée pour maintenir ensuite le cessez-le-feu tandis que les négociations constitutionnelles commenceront.

1) Pour une analyse utile des structures de gouvernement libyennes, voir J. Davis, Libyan Politics, Tribes and Revolution (Londres: I.B. Tauris, 1987)
2) Voir M.M. Ayoub Islam and the Third Universal Theory: The religious thought of Muamar al Qadhafi (Londres: Kegan Paul, 1987)
3) Voir René Lemarchand (Ed). The Green and the Black: Qadhafi’s Politics in Africa (Bloomington: Indiana University Press, 1988).


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Tunisie: Les derniers jours de Ben Ali

La vague d’une révolution populaire a déferlé sur la Tunisie et poussé le Président Ben Ali vers l’exil en Arabie Saoudite. Un mois de manifestations populaires qui avait débuté le 17 décembre 2010 avec la protestation, sous la forme d’un suicide, du jeune Mohamed Bouazizi, marchand des rues qui était au départ universitaire, et avec la répression policière qui avait marqué son enterrement, a mis fin aux vingt-trois ans de contrôle de la vie politique et économique tunisienne du Président Zine El-Abidine Ben Ali. Lui et sa puissante épouse, Leila Trabelsi, qui ont quitté Tunis le 14 janvier pour un exil en Arabie Saoudite où d’autres membres de la famille – au sens large du terme – contrôlent des secteurs importants de l’économie, sont arrivés à Paris. Certaines sources affirment que le Gouvernement français a refusé d’admettre Ben Ali sur le territoire français, craignant que l’importante communauté tunisienne de France – forte de quelques 600 000 membres, parmi lesquels de nombreux Défenseurs des Droits de l’Homme réfugiés – n’y réagisse d’une manière violemment négative.

Quelques instants à peine avant que je n’entreprenne l’écriture de cet article, j’ai reçu par Facebook un message qui me donnait le numéro de la chambre d’un hôtel de luxe parisien où séjournait un membre du clan Trabelsi arrivé ce matin même. Ce message ne m’était pas envoyé, je le devine, afin que je fasse porter à l’intéressé un bouquet de fleurs en signe de bienvenue, et je gage que ce message n’a pas non plus été adressé qu’à moi. La famille de Ben Ali, encore une fois au sens large du terme, notamment les enfants de sa seconde épouse Leila ainsi que ses dix frères et sœurs et autres parents, avaient fait main basse sur toute une gamme de secteurs d’activité économiques – le secteur bancaire, l’immobilier, le tourisme, les médias et le commerce. Quiconque voulait créer une entreprise dans l’une de ces branches, quelle qu’elle soit, était obligé de verser une forte somme d’argent aux membres du clan Ben Ali-Trabelsi afin de recevoir les autorisations gouvernementales nécessaires, etc.

La Tunisie de Ben Ali était un Etat policier, au sens le plus littéral de cette expression. La présence policière y était constante à travers les arrestations, les interrogatoires interminables, la torture, et, pour les plus chanceux, l’exil. La presse écrite et les médias dans leur ensemble étaient sous stricte surveillance, voire, dans certains cas, possédés par la famille Trabelsi elle-même.

La Tunisie n’a eu à ce jour que deux présidents depuis la fin du Protectorat en 1956. Le premier fut Habib Bourguiba, qui dirigea le pays avec son Parti socialiste destourien. A l’indépendance, le taux d’alphabétisation avoisinait les 15%, mais beaucoup de ceux considérés comme alphabétisés n’avaient reçu qu’une éducation limitée dans des écoles coraniques traditionnelles et ne savaient pas lire les écrits séculiers. En 1958, Bourguiba a lancé des réformes dans l’enseignement ainsi qu’un vaste programme de construction d’écoles et d’universités, lequel a généré la classe moyenne hautement diplômée d’aujourd’hui en Tunisie. Bourguiba a également mis l’accent sur l’éducation et l’emploi des femmes, affirmant que « les travailleuses [devaient] être formées et obtenir des emplois. Le travail contribue à l’émancipation féminine. Par son travail, une femme ou une jeune fille assume son existence et prend conscience de sa dignité. »

Les emplois de fonctionnaires et du secteur privé se sont ouverts à ceux le plus nouvellement diplômés avec le départ de la majeure partie des populations française, juive et italienne du pays entre 1956 et 1966. Il y eut en outre des possibilités substantielles d’émigration vers l’Europe, en particulier la France, jusqu’au milieu des années 1970, après quoi il devint plus difficile d’obtenir des cartes de travail.

En novembre 1987, Bourguiba nomma Ben Ali Premier Ministre. Ben Ali, qui était général de carrière, était issu des seuls rangs de l’armée et n’avait donc pas d’idéologie ou de projet politique très développé. C’est pourquoi il se contenta de poursuivre les politiques économiques et sociales de Bourguiba. Peu après sa nomination, au cours de ce que l’on a qualifié de « coup d’état médical », Ben Ali a déclaré que la santé physique et mentale de Bourguiba rendait celui-ci incapable de gouverner. Ben Ali s’autoproclama Président, promettant de revitaliser le pays plongé dans la stagnation par un Bourguiba qui devenait de plus en plus sénile mais avait toujours refusé de déléguer quelque autorité.

Ben Ali poursuivit les politiques majeures de Bourguiba. Un accent particulier fut mis sur le développement du tourisme, ce qui créa néanmoins peu d’emplois pour les plus diplômés et n’amena que la spéculation immobilière. Le secteur agricole, en particulier dans le centre et le sud du pays, employait plus de gens qu’il n’en fallait à ce niveau de production. La migration était considérable en direction des grandes agglomérations et des villes côtières, chacun cherchant, souvent sans grand succès, à trouver un emploi qui lui convienne. Le taux de chômage était élevé, et parmi les jeunes diplômés, le chômage, le manque de mobilité sociale et le mode de vie basé sur la richesse ostentatoire de ceux en lien avec le pouvoir politique engendra des exigences de changement.

Les manifestations du mois dernier semblent s’être déclenchées de manière spontanée, menée par les jeunes mais sans dirigeants identifiables. Ces manifestations n’étaient pas liées à des partis politiques d’opposition, dont les dirigeants étaient pour la plupart sont en exil, et peu de structures politiques étaient visibles en action. Il n’existe pas de groupes islamistes connus et l’influence islamiste elle-même semble avoir été complètement absente des manifestations et des revendications des manifestants.

Pour la plupart des observateurs en France, le modèle était Mai 68, à l’issue duquel le gouvernement de Charles de Gaulle avait pris fin. La Tunisie a connu une révolution menée par un peuple qui voulait obtenir du petit groupe politique au pouvoir le changement, ainsi qu’une fin à la corruption généralisée et à peine voilée, de même que la création d’emplois. Comme de Gaulle, Ben Ali symbolisait le système, et c’est pourquoi tout le monde était d’accord pour dire « Ben Ali doit partir ». A la différence du Général de Gaulle, toutefois, le Général Ben Ali n’avait rien de fait de particulièrement remarquable avant de devenir Président. Bien qu’il ait développé un « culte de la personnalité » autour de lui-même, appuyé par de gigantesques portraits de lui partout dans les rues et une télévision qui ne cessait de chanter ses louanges, Ben Ali ne pouvait baser son culte sur aucune véritable personnalité.

A présent, la question est : de quelles structures la révolution populaire va-t-elle se doter ? Si tout se déroule comme le veut l’ordre constitutionnel, des élections devraient être tenues sous soixante jours, le gouvernement intérimaire étant placé sous la direction du Président de la Chambre des Députés. Dans la mesure où les partis politiques n’avaient pas le droit d’œuvrer librement – même le parti du Président ayant seulement un nom mais peu de structures réelles – nous devrons voir comment les factions politiques se créent en préalable aux élections. Il existe un bon nombre de courants idéologiques différents à l’intérieur de l’opposition à Ben Ali, cependant qu’aucun dirigeant de l’opposition ne sort du lot comme le prochain Président « naturel » de la Tunisie.

La désintégration du gouvernement Ben Ali et de sa base populaire est observée de près depuis le reste du monde arabe. Bien que Ben Ali n’ait jamais été très aimé de ses voisins, les dirigeants politiques Égypte, de Libye, d’Algérie, du Maroc et de Jordanie voient le parallèle sans trop de difficulté – un État dont la sécurité publique a la main lourde, pour lequel le soutien populaire décline et où les exigences d’une population diplômée mais maintenue dans la misère montent en puissance. D’autres révolutions populaires

19/01/2011


Les Citoyens du Monde Appellent à un Transfert de Pouvoir Pacifique en Côte d’Ivoire

Dans un message du 1er janvier 2011 adressé aux Missions de Côte d’Ivoire auprès des Nations Unies à New York et à Genève, l’Association of World Citizens (AWC) a appelé à un transfert de pouvoir sans incident en Côte d’Ivoire. Le message, signé tout à la fois par le Professeur René Wadlow, Premier Vice-Président et Représentant en Chef auprès de l’Office des Nations Unies à Genève de l’AWC, et Bernard Henry, Officier de Presse du Bureau de Représentation de l’AWC auprès de l’ONU à Genève, affirme que «les Citoyens du Monde ont toujours estimé que, pour qu’il existe des moyens effectifs de gouvernance mondiale, la société mondiale doit être bâtie sur le fondement de l’Etat de droit et du respect des Droits de l’Homme».

«Un élément d’importance particulière en ce qui concerne l’Etat de droit est la tenue d’élections ouvertes et justes, laquelle exige la présence d’observateurs électoraux compétents et ce du début à la fin du cycle électoral. Bien que les élections en Côte d’Ivoire aient été reportées un certain nombre de fois, lorsqu’elles ont effectivement eu lieu, les observateurs internationaux les ont considérées comme ayant été équitables et s’étant déroulées sans avoir été entachées de violence ou d’intimidation à l’encontre de l’électorat.

En conséquence, les conclusions de la Commission électorale de Côte d’Ivoire ont été reconnues par les Nations Unies et l’Union Africaine en ce qu’elles indiquent que Monsieur Alassane Ouattara a loyalement remporté les élections et doit donc être intronisé sans délai en tant que nouveau Président de la Côte d’Ivoire.

L’ancien Président de la Côte d’Ivoire, Monsieur Laurent Gbagbo, qui a dirigé son pays dans des conditions difficiles tout au long des dix dernières années, ne pourra qu’honorer sa propre personne ainsi que le peuple de Côte d’Ivoire par l’organisation d’un transfert de pouvoir sans incident au profit de Monsieur Alassane Ouattara.

L’AWC, pleinement engagée pour le respect de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme, appelle la Côte d’Ivoire à respecter sans faille la dignité de chaque individu et la protection de toutes et tous en cette période cruciale.


Interdiction des Bombes à fragmentation : une lueur dans l’obscurité des conflits

Par la combinaison remarquable de pressions émanant de la société civile et du leadership d’un petit nombre d’états progressistes, une interdiction stricte relative à l’utilisation, la production et le stockage des bombes à fragmentations, entrera en vigueur le 1er août 2010, alors que 30 états ont ratifiés la Convention sur les Munitions à Fragmentation.

La convention interdit l’utilisation, la production, le transfert de munitions à fragmentation et fixe des délais pour la destruction des stocks et le déminage des terrains contaminés. La Convention impose aux Etats de soutenir les victimes et les populations touchées. En novembre 2010, la première rencontre des parties signataires à la Convention aura lieu au Laos, le Laos étant le pays où le plus grand nombre d’armes à fragmentation ont été utilisées. Il est donc important d’encourager le plus d’Etats possible à ratifier cette Convention avant la conférence de Novembre pour être ainsi capable de participer à la première rencontre des parties. Dans une note à la fin de cet article, j’ai établi par aire géographique la liste des 30 états ayant ratifié cette convention, la ratification d’un traité étant souvent influencée par ce que les autres états de la région font (ou ne font pas)

Force est de constater que les Etats européens ont réunis le plus de ratifications. C’est en majeure partie du au leadership des diplomates de Norvège et d’Irlande. Il n’y a pas eu de leadership aussi positif dans d’autres régions du monde, exception faite du Laos en Asie. Toutefois le service diplomatique du Laos est petit et sans grandes ressources. Ainsi, en dehors de l’Europe, les pressions pour la ratification devront émaner de secteurs non gouvernementaux qui ont joué un rôle important dans la préparation et la promotion de la Convention. Cependant il y a toujours une ombre au tableau , et dans le cas présent, elle consiste en ce que les producteurs et utilisateurs principaux des munitions à fragmentation étaient délibérément absent des négociations et de l’accord : Brésil, Chine, Inde, Israël, Russie, Pakistan et les Etats-Unis.

Pourtant, au regard du processus de négociations sur les armes, l’interdiction des bombes à fragmentation a été rapide. Elles ont commencé à Oslo, Norvège, en février 2007 et par là même ont été souvent qualifiée de « processus d’Oslo ». Les négociations étaient une réaction justifiée à l’utilisation de ces bombes, à grande échelle, par Israël au Liban pendant le conflit des mois de juillet et août 2006. Le centre de Coordination de Lutte antimines des Nations Unies (UNMACC) travaillant dans le sud du Liban, a rapporté que la densité des bombes utilisées sur place était plus élevée qu’au Kosovo ou en Irak, particulièrement dans les zones habitées, faisant ainsi peser une menace constante sur des centaines de milliers de personnes, comme sur le personnel de maintien de la Paix des Nations Unies. On estime qu’un million de bombes à fragmentation ont été tirées sur le sud du Liban durant les 34 jours de guerre, un grand nombre au cours des deux derniers jours du conflit, alors qu’un cessez le feu se concrétisait. Les milices du Hezbollah ont elles aussi tiré des rockets de bombes à fragmentation sur le nord de l’Israël

On pense que les bombes à fragmentation israéliennes étaient fabriquées aux Etats Unis quand celles du Hezbollah venaient d’Iran. C’est pour cette raison qu’une des clauses importantes de la Convention est l’interdiction du transfert des bombes à fragmentations. Au regard de la loi américaine sur le contrôle des exportations d’armes, si Israël ou un autre pays achètent bombes à fragmentation et équipement mortel divers, un accord écrit restreignant leur utilisation doit être signé. L’UNMACC a déclaré avoir réuni les preuves formelles de l’utilisation par Israël pendant la guerre au Liban, de trois sortes de bombes à fragmentation fabriquées aux Etats-Unis. A l’époque, l’utilisation des bombes à fragmentation contre les soldats n’était pas considérée comme allant à l’encontre des Conventions de Genève, mais leur utilisation contre les populations et zones densément peuplées était interdite.

Les munitions à fragmentations sont des ogives qui dispersent des dizaines de petites bombes. Bon nombre des ces sous munitions n’explosent pas à l’impact et restent éparpillées sur le sol, prêtes à tuer et estropier si on les importune ou les saisit. Les rapports des organisations humanitaires et des groupes de déminage ont démontré que les civils constituent la grande majorité des victimes de bombes à fragmentation, particulièrement les enfants, attirés par leur petite taille et leurs couleurs souvent vives.

Le taux d’échec d’explosion des munitions à fragmentation est élevé, allant de 30 à 80%. Mais le mot « échec » n’est peut être pas le plus juste. Elles peuvent être en réalité destinées à tuer plus tard. L’importance du nombre de bombes à fragmentation n’ayant pas explosées sous entend de facto, que les terres agricoles, les forêts ne peuvent être utilisées ou plus précisément ne peuvent être utilisées sans grand danger. La plupart des personnes tuées et mutilées par les bombes à fragmentations au cours des 21 conflits où elles ont été utilisées, sont des civils, souvent jeunes. Ces personnes subissent souvent des blessures graves telles que la perte de membres ou la perte de la vue. Il est alors difficile de retourner au travail ou à l’école.

Les discussions sur une interdiction des armes à fragmentations ont commencé en 1979 pendant les négociations à Genève, conduisant à la Convention sur l’Interdiction ou la limitation de l’emploi de certaines armes classiques pouvant être considérées comme produisant des effets traumatiques excessifs ou comme frappant sans discrimination —la « Convention de 1980 sur les armes inhumaines » pour ses défenseurs

L’impact sans discernement des bombes à fragmentation a été soulevé par le représentant du Bureau Quaker des Nations Unies à Genève et par moi-même pour « Citoyens du Monde » et avec le soutien du gouvernement suédois. Mon texte ONG d’août 1979 sur « les armes antipersonnelles à fragmentations », appelait à une interdiction fondée sur la Déclaration de Saint Petersbourg de 1868. Ce texte recommandait que « des procédures de contrôles permanents et de règlement des conflits soient établies, permettant des enquêtes sur les accusations d’utilisation d’armes prohibées, qu’il s’agisse de conflits entre Etats ou de conflits internes ; un tel organisme permanent comprendrait un comité consultatif d’experts qui pourraient commencer leurs travaux sans résolution préalable du Conseil de Sécurité de l’ONU ».

J’ai été remercié pour mes efforts mais on m’a laissé comprendre que « Citoyens du Monde » ne se situaient sur le terrain des politiques « réelles » et qu’il serait préférable que je fasse pression pour l’interdiction du Napalm —les photos qui témoignent de son utilisation au Vietnam étant toujours présentes dans la mémoire de nombreux délégués. Les gouvernements ont beaucoup de difficultés à se concentrer sur plus d’une arme à la fois. De même dans le but d’une mobilisation de l’opinion publique, des réminiscences visuelles brutales sont nécessaires pour attirer l’attention et susciter la compassion.

Le décalage ironique entre les objectifs humanitaires fixés pendant la guerre et la persistance des meurtres dus aux bombes à fragmentation après la guerre était trop important pour ne pas être remarqué

Bien que des munitions à fragmentations aient été amplement utilisées pendant la guerre du Vietnam, elles ne reçurent jamais l’attention que les médias et le public portèrent au napalm. [1] L’institut de recherche américaine sur le désarmement a récemment publié une étude sur l’impact destructeur continu des bombes à fragmentations au Laos, « La République démocratique du peuple Lao peut se prévaloir du titre douteux de pays le plus fortement bombardé au monde ». [2] Le déminage des terres contaminées par les bombes à fragmentations se poursuit alors que la guerre du Laos de 1963-1973 est déjà en grande partie effacée des mémoires collectives

Leur utilisation abondante par les forces de l’OTAN pendant la guerre du Kosovo, attire de nouveau l’attention sur l’usage des bombes à fragmentation et les munitions non explosées. Le décalage ironique entre les objectifs humanitaires fixés pendant la guerre et la persistance des meurtres dus aux bombes à fragmentation après la guerre était trop important pour ne pas être remarqué. Toutefois, les difficultés rencontrées par l’administration onusienne au Kosovo et dans les négociations pour un « statut final » ont rapidement éclipsé toute autre préoccupation. De même l’utilisation des bombes à fragmentation en Irak est étouffée par la persistance des tensions, les violences sectaires, le rôle des Etats Unis et de l’Iran, et la forme que prendra l’Irak après le départ des troupes américaines.

Ainsi c’est l’utilisation sans discernement des bombes à fragmentation contre le Liban dans une guerre particulièrement insensée et peu concluante qui a finalement conduit à des efforts soutenus pour l’interdire. L’interdiction des bombes à fragmentation suit de près la Convention sur l’interdiction de l’utilisation, du stockage, de la production et du transfert des Mines anti-personnelles et sur leur destruction qui est entrée en vigueur en Mars 1999 et est aujourd’hui ratifiée par 152 états. Un grand nombre d’ONG actives sur les mines anti-personnelles jouèrent aussi le rôle de moteur dans les efforts faits sur les bombes à fragmentation – une combinaison de groupes humanitaires et de désarmement.

Nous pouvons jouer un rôle actif pour encourager les Etats qui ont signé la Convention sur les munitions à fragmentation à la faire ratifier par leurs Parlements. Une tâche plus difficile sera de convaincre ces états partisans des bombes à fragmentation : Etats Unis, Russie, Chine, Israël, Inde et Pakistan. L’interdiction pourra décourager leur utilisation par ces Etats, mais leur signature constituerait un signe important de respect des accords internationaux et du droit international. Les pressions doivent être maintenues sur ces hors-la–loi.

René Wadlow,
Représentant en Chef auprès de l’ONU à Genève Monde,
Association of World Citizens (Association des Citoyens du Monde)
25/03/2010


16-18 Novembre: Les Défis de la Faim,

Les Citoyens du Monde saluent le Sommet mondial sur la Sécurité alimentaire qui se tiendra du 16 au 18 novembre à Rome afin de s’attaquer aux causes de la crise alimentaire actuelle, ainsi que pour la mise en œuvre pleine et entière de « l’Alimentation en tant que Droit de l’Homme ». Les Citoyens du Monde souhaitent souligner qu’il existe un large consensus en faveur de mesures radicales nécessaires pour résoudre l’actuelle crise alimentaire mondiale et que de telles mesures devront être prises à plusieurs niveaux afin d’associer les initiatives individuelles des fermiers au niveau local aux politiques gouvernementales adoptées au niveau de l’Etat, ainsi qu’aux mesures prises au niveau supranational des régions, comme c’est le cas dans l’Union Européenne et l’Union Africaine, et enfin, à des actions au niveau mondial qui soient mieux coordonnées au sein du système de l’ONU.

Aujourd’hui, la coopération est de rigueur entre les différentes agences de la famille onusienne, les gouvernements des Etats, les organisations non-gouvernementales (ONG) et les millions de producteurs de denrées dans le monde afin de réagir à la crise alimentaire. Comme l’a dit Josette Sheeran, Directrice Générale du Programme Alimentaire Mondial (PAM), « La marche rapide de la famine continue de déchaîner une crise humanitaire gigantesque. Le monde doit serrer les rangs afin de veiller à ce que les besoins les plus urgents soient satisfaits tandis que des solutions à plus long terme sont envisagées. » Il faut des mesures rapides et urgentes afin de venir en aide aux populations souffrant de pénurie alimentaire et de malnutrition du fait de prix d’achat trop élevés, d’une distribution inéquitable et de situations de violence. Une telle action sur le court terme appelle un supplément de financement pour le PAM et le déblocage des réserves alimentaires nationales. Néanmoins, c’est sur les questions structurelles et de plus longue haleine que nous devons nous concentrer. Le monde a maintenant besoin d’une Politique Alimentaire Mondiale et d’un Plan d’Action clair à l’avenant.

Lord John Boyd Orr, qui fut le premier Directeur Général de l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO), avait mis l’accent sur la sécurité alimentaire mondiale dans son appel pour un Conseil Mondial de l’Alimentation lancé lors de l’un des premiers sommets de la FAO à Copenhague en 1946. Il proposait qu’un Conseil Mondial de l’Alimentation soit créé afin de stabiliser les prix en détenant des réserves-tampon et de régler les crises alimentaires les plus urgentes. Quand les gouvernements refusèrent ce projet, il démissionna de la FAO pour se consacrer uniquement au mouvement Citoyen du Monde et œuvrer contre la course aux armements naissante entre l’Est et l’Ouest, laquelle avait pour effet de littéralement « ôter le pain de la bouche des pauvres ». (1)

Toutefois, la sécurité alimentaire a trop souvent été réduite à un agrégat de problèmes à l’échelle nationale. Or, s’en tenir à la formulation de plans nationaux n’est clairement pas ce qu’il faut faire. Ce qu’il faut, c’est un plan mondial d’action avec une attention spéciale portée au rôle que l’ONU et les institutions régionales ont à jouer si la faim doit être réduite de manière substantielle. Il est clair que certains organismes régionaux, tels que l’Union Européenne, jouent déjà un rôle important dans la définition des politiques agricoles en termes tant de production que d’exportation. Peut-être viendra-t-il un jour où l’Union Africaine jouera elle aussi un rôle crucial dans la définition des politiques, dans l’observation institutionnelle et dans la coordination de l’agriculture.

Une politique alimentaire mondiale pour le bien-être de tous exige un examen minutieux des institutions mondiales et des méthodes habituelles de production et de commerce. Comme l’écrivait Stringfellow Barr dans son ouvrage publié en 1952, Citizens of the World, « Puisque le milliard d’individus qui ont faim au sein de la communauté mondiale pensent que nous pouvons tous manger si nous mettons notre maison commune en ordre, ils pensent aussi qu’il est injuste que certains meurent parce que c’est trop fastidieux de créer les conditions nécessaires à leur vie. » (2)

  • 1) Pour un bon aperçu de la proposition de Lord John Boyd Orr pour un Conseil Mondial de l’Alimentation, ainsi que des activités des Citoyens du Monde qui ont suivi celui-ci, l’on peut lire les mémoires de l’un de ses successeurs à la tête de la FAO, B. R. Sen, Towards a Newer World (Dublin: Tycooly Publishing, 1982, 341pp).
  • 2) Stringfellow Barr, Citizens of the World (New York: Doubleday, 1952, 285 p.)

René Wadlow,
Représentant en Chef auprès de l’ONU à Genève Monde,
Association of World Citizens (Association des Citoyens du Monde)
16/11/2009


Des priorités pour lesCitoyens du Monde

Je regrette qu’il me soit impossible de me joindre à vous pour cette importante réunion de planification à Mulhouse. J’identifie pour ma part trois priorités absolues, lesquelles constituent l’objet de mes propres travaux, mais je serai intéressé de voir le compte-rendu de votre réunion afin de savoir ce que d’autres pensent pour leur part.

Ces trois priorités sont les suivantes :

1.Le « courant d’instabilité » du Moyen-Orient

Le fil conducteur de mon travail à l’Office des Nations Unies à Genève est ce que j’appelle le « courant d’instabilité », à savoir, un subtil courant d’énergie entre l’Afghanistan, le Pakistan, l’Iran, l’Irak, la Turquie, Israël, la Palestine, le Liban et la Syrie. Chaque conflit possède au départ une dimension locale mais a également des résonances sur d’autres. A la périphérie de ce courant, l’on trouve des Etats qui préféreraient de loin la stabilité mais défendent leurs intérêts de manière trop agressive pour cela – la Chine, la Russie, l’Inde, la Turquie et l’Egypte. A l’extérieur dudit courant, il y a aussi les Etats-Unis, et, quoique dans de bien moindres proportions, la France, l’Angleterre et l’Allemagne.

Tous ces Etats sont représentés par une mission permanente auprès de l’ONU, ce qui rend possible l’existence de contacts à la fois en personne et par correspondance. Dans la plupart de ces pays, des préoccupations liées au respect des Droits de l’Homme se font également jour. Nous sommes en lien avec chacun de ces Etats et appelons de manière soutenue au respect des normes universellement acceptées de Droits de l’Homme. Nous avons, au surabondant, soulevé auprès de diplomates de la plupart desdits Etats des questions relatives à la résolution des conflits sur place.

En fait, les diplomates en poste à l’ONU-Genève jouent un rôle mineur dans la prise de décisions concernant lesdits conflits, chacun n’étant guère que « La Voix de son Maître » répercutée depuis la capitale. En revanche, après s’être entretenu avec un représentant d’ONG, un diplomate rédige en règle générale un rapport, qu’il adresse ensuite à son Ministère des Affaires Etrangères pour le cas où la discussion se poursuivrait par d’autres biais. Je crois pouvoir affirmer que les positions des Citoyens du Monde sont prises au sérieux, dans la mesure où nous nous efforçons de disposer de faits exacts et de formuler des propositions réalistes – ce même si elles ne sont pas forcément suivies d’effet sur le court terme. Hélas, nous n’avons pas connaissance de l’existence de beaucoup de Citoyens du Monde dans les pays du « courant d’instabilité », ce même si nous sommes en bons termes avec d’autres ONG au Pakistan, en Israël et en Palestine.

J’avais été invité à une importante réunion d’ONG palestiniennes à Jérusalem à la fin du mois dernier, mais n’ai pu m’y rendre pour des raisons d’ordre financier. L’article que j’avais écrit pour cette réunion, « Un Eventuel Avenir de Gaza », a été adressé de manière très vaste à des personnes présentant un intérêt réel et sérieux pour ce conflit. Il est néanmoins très important de pouvoir rencontrer les gens face à face, et c’est pourquoi je regrette infiniment de n’avoir pu y aller.

D’ailleurs, le fait que je n’aie pu me rendre à Jérusalem pose la question, distincte mais réelle, du financement de nos activités. Nous pourrions faire tellement plus si nous disposions de fonds suffisants pour voyager et pour le suivi de nos actions.

2. Le désarmement nucléaire

La deuxième de mes priorités est le désarmement nucléaire, souvent lié lui-même au « courant d’instabilité ». Les questions liées au désarmement nucléaire sont devenues l’un des plus importants sujets d’attention dans la politique internationale au cours des derniers mois. Après dix ans sans avoir pu se mettre d’accord sur un plan d’action, la Conférence sur le Désarmement – l’organe central de l’ONU pour le désarmement, qui se réunit à Genève – a enfin pu se doter d’un programme. Le Prix Nobel de la Paix décerné au Président américain Barack Obama a aussi eu pour effet d’aider à attirer l’attention sur les questions liées au nucléaire, et en cela, il constitue un encouragement pour nous tous afin d’agir sans relâche pour un monde sans armes nucléaires.

La Conférence d’Examen sur le Traité de Non-Prolifération des Armes Nucléaires (TNP) se tiendra à New York en mai 2010. En raison de précédents apparus lors de la première Conférence d’Examen en 1975, les Examens du TNP sont les plus ouverts aux ONG de tous les événements publics de l’ONU liés au désarmement. J’avais moi-même été Président des Collèges des ONG participant aux Conférences d’Examen de 1975 et 1980. Nous devrions mettre sur pied un ensemble cohérent de propositions des Citoyens du Monde pour l’Examen de 2010 et le remettre aux gouvernements d’ici à février prochain, lorsque la plupart des délégations gouvernementales prépareront leurs prises de position écrites.

3. L’idéologie des Citoyens du Monde

La troisième de mes priorités est l’idéologie. Nous devons pouvoir exprimer les valeurs qui sont les nôtres en tant que Citoyens du Monde de manière à faire comprendre aux gouvernements pourquoi nous nous adressons à eux au sujet de certaines situations spécifiques. Nous devons pouvoir interpeller davantage de gens à travers le concept de citoyenneté mondiale, tels que les gens se trouvant dans le « courant d’instabilité ». Pour moi, je mets l’accent sur des textes courts, qui ne s’étendent pas sur plus d’un page, deux au grand maximum. Il est rare que l’on s’attarde pour lire un article plutôt long, surtout sur Internet. Nous devons aussi pouvoir disposer de tels textes dans davantage de langues.

J’ai pu faire traduire certains textes en russe afin que nous puissions les utiliser sur un site Internet basé en Russie, et certains autres l’ont été en chinois avec l’aide de la Section nationale de l’Association des Citoyens du Monde à Taiwan. Si nous pouvions en disposer aussi sur papier, nous pourrions les distribuer aux communautés chinoises expatriées, telles que celle de Paris. Nous devons aussi pouvoir faire traduire nos textes en arabe, ainsi que dans d’autres langues encore parmi celles représentées dans le « courant d’instabilité ».

La production de publications, ainsi que, plus particulièrement, leur distribution ciblée, seront un important sujet de discussion, je l’espère en tout cas, à Mulhouse.

Je vous adresse tous mes vœux pour votre réunion et serai intéressé de lire le compte-rendu qui en résultera.

René Wadlow,
Représentant en Chef auprès de l’ONU à Genève Monde,
Association of World Citizens (Association des Citoyens du Monde)
27/10/2009


2009: Année Internationale de la Réconciliation

L’Assemblée générale des Nations Unies a proclamé, en sa Résolution A/61/L22, l’année 2009 comme Année Internationale de la Réconciliation, « reconnaissant que les processus de réconciliation sont particulièrement nécessaires et urgents dans les pays et les régions du monde qui ont souffert ou souffrent à ce jour de situations de conflit ayant affecté et divisé les sociétés en leurs différents aspects intérieurs, nationaux et internationaux ». La résolution a été introduite par le Représentant permanent du Nicaragua, qui a déclaré que « la réconciliation entre ceux que les conflits ont séparés [était] la seule façon d’affronter les défis d’aujourd’hui et d’apporter la guérison là où la fraternité et la justice étaient absentes des relations humaines ».

La réconciliation ne signifie pas le retour au statu quo ante, mais plutôt la transformation des relations entre les êtres au travers d’une meilleure compréhension des autres, laquelle s’obtient par la recherche d’intérêts communs, ainsi que d’une vision de l’unité de tous les êtres vivants. La réconciliation ne peut se réduire à une simple acceptation de la situation qui prévaut dans l’instant, mais elle doit être bien davantage le point de départ d’efforts nouveaux en direction de l’harmonie avec la nature, d’une relation nouvelle basée sur le respect et d’un enrichissement mutuel des nombreux groupes culturels qui composent l’humanité. La réconciliation fournit aussi les bases d’une démocratie plus étendue, qui permet elle-même que les problèmes locaux soient traités au niveau le mieux adapté.

Cependant, nous devons nous poser cette question : comment la réconciliation véritable peut-elle avoir lieu entre des individus et des groupes qui sont violemment ancrés dans leurs idées et n’ont d’histoire commune que dans la violence ? Comment réconcilier, déjà, le besoin de guérison au sein de la nation et les exigences de justice inhérentes aux victimes de violences terrifiantes ?

La résolution de l’Assemblée générale nous fournit une réponse partielle à ces questions, en soulignant que « le dialogue entre adversaires sur la base du respect et de la tolérance est un élément essentiel de la paix et de la réconciliation ».

Afin qu’il s’installe un dialogue entre adversaires dans le respect, certaines barrières empêchant les négociations doivent être démantelées, en signe d’une volonté véritable d’entrer dans un processus de négociations. Certaines de ces barrières sont physiques, tandis que d’autres sont idéologiques. Ces barrières doivent être surmontées si nous voulons avancer sur la longue route de la réconciliation.

Les Citoyens du Monde peuvent jouer un rôle important dans ce processus de réconciliation mondiale. Les Citoyens du Monde prennent une part active aux efforts en vue de la résolution des conflits, de la protection des Droits de l’Homme, et du développement d’une politique mondiale de l’alimentation qui permette de pallier le manque actuel de nourriture dans nombre d’endroits du monde. C’est pourquoi, avec votre aide, 2009 peut devenir une année de renouveau et de réconciliation.

René Wadlow,
Représentant en Chef auprès de l’ONU à Genève Monde,
Association of World Citizens (Association des Citoyens du Monde)


haut de page Conférence sur l'Unité humaine "Durban"

Le 20 avril a débuté à Genève une Conférence des Nations Unies visant à évaluer les progrès du Plan d'Action de la Conférence mondiale de 2001 sur le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l'intolérance qui en découle. La première conférence avait eu lieu du 31 août au 8 septembre 2001 à Durban (Afrique du Sud), et c’est pourquoi la conférence d’évaluation des résultats a été surnommée « Durban II ».

Durban venait tout juste de fermer ses portes quand les attaques du 11 septembre sur le World Trade Center à New York et le Pentagone à Washington ont eu lieu, accentuant les haines et engendrant de violentes divisions dans le monde. Les années qui se sont écoulées depuis ont été remplies d'exemples de xénophobie – la crainte de l'étranger – et de craintes connexes de tout ce qui est différent, tout ce qui remet en question la manière dont les forces dominantes dans un pays donné structurent la société et les valeurs .

Heureusement, il y a eu des individus et des groupes constitués qui ont œuvré pour abattre les murs et surmonter les divisions entre les peuples. Le Plan d’Action de Durban avait reconnu la valeur de tels efforts et appelé les Etats « à explorer les possibilités d’accroissement du rôle des organisations non-gouvernementales dans la société à travers, en particulier, l’approfondissement des liens de solidarité et la promotion d’une plus grande confiance, au-delà des divisions raciales et liées à la classe sociale, en promouvant un engagement plus prononcé du citoyen et une coopération volontaire plus importante ».

Au vu des difficultés économiques mondiales actuelles, le danger est réel de voir des sentiments xénophobes frapper les travailleurs immigrés. Les migrations au niveau mondial sont de nature conséquente, touchant des gens qui quittent leur pays pour améliorer leur situation économique, pour fuir la guerre et la violence, pour s’affranchir des chaînes de la discrimination raciale, sexuelle ou ethnique.

Nous devons créer des sociétés compatissantes et accueillantes, de façon à ce que tous puissent y trouver leur place afin d’y développer pleinement leur potentiel. Le Plan d’Action de Durban II appelle « à œuvrer à l’amoindrissement du racisme, en particulier la violence motivée par le racisme, de la discrimination raciale, de la xénophobie et de l’intolérance qui y est liée, ce en s’attaquant aux préjudices avant qu’ils n’en viennent à se manifester d’une manière criminelle ».

En conséquence, Durban II est un moment où chacun(e) de nous doit mettre en avant l’unité humaine et rappeler que nous sommes tous citoyens d’un même monde.

René Wadlow,
Représentant en Chef auprès de l’ONU à Genève Monde,
Association of World Citizens (Association des Citoyens du Monde)
22/04/2009

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