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Une Assemblée des Peuples surgira des masses mondiales

Les 70 ans de la citoyenneté mondiale

Restitution de l'événement : http://lotoisdumonde.fr/cdm70.html

 

Contenu :

dans la mesure du possible, les textes publiés ici le sont dans leur intégralité, même si, pour diverses raisons, ils ont du être tronqués ou raccourcis lors de l'événement.

1. AU TROCADERO

2. A LA SALLE VICTOR HUGO (Assemblée Nationale)

  •  

3. A L'UNESCO

1. AU TROCADERO


Lutte contre la misère - Mondialisations par Daniel Durand

La Journée Mondiale du Refus de la Misère est célébrée chaque 17 Octobre. Née de l'initiative du père Joseph Wresinski et de celle de plusieurs milliers de personnes de tous milieux qui se sont rassemblées sur le Parvis des Droits de l'Homme à Paris en 1987, cette journée est officiellement reconnue par les Nations Unies depuis 1992.

LE 17 OCTOBRE 1987,

DES DÉFENSEURS DES DROITS DE L'HOMME ET DU CITOYEN

DE TOUS PAYS SE SONT RASSEMBLES SUR CE PARVIS.

ILS ONT RENDU HOMMAGE AUX VICTIMES DE LA FAIM,

DE L'IGNORANCE ET DE LA VIOLENCE. ILS ONT AFFIRME

LEUR CONVICTION QUE LA MISÈRE N'EST PAS FATALE.

ILS ONT PROCLAME LEUR SOLIDARITÉ AVEC CEUX

QUI LUTTENT A TRAVERS LE MONDE POUR LA DÉTRUIRE.

Joseph Wresinski Citoyen du Monde, issu d'une famille de réfugiés polonais qui se sont présentés en France, en 1914, avec des passeports allemands. D'où un internement à Saumur puis à Angers, où Joseph a passé sa jeunesse dans la misère. On entendra parler de lui lorsqu'il s'installera dans le bidonville de Noisy le Grand, en 1956. Bidonville de 100 000 personnes. C'est là qu'a été créé le mouvement Aide à toutes détresses, nom auquel a été ensuite ajoutée l'expression " quart-monde " pour désigner tous les laissés-pour-compte qui vivent dans la misère. Ils sont aujourd'hui, dans le monde, un peu plus d'un milliard à croupir dans 200 000 bidonvilles, sans eau potable, sans accès à la santé, à l'éducation ni au travail … nous sommes ici, aujourd'hui, dans notre sujet.

LÀ OÙ DES HOMMES SONT CONDAMNÉS À VIVRE DANS LA MISÈRE,

LES DROITS DE L'HOMME SONT VIOLÉS.

S'UNIR POUR LES FAIRE RESPECTER EST UN DEVOIR SACRÉ.

P. Joseph Wresinski

Pour détruire la misère, il faut aller vers l'unité politique de la planète, et la DUDH nous dit que cette unité doit se fonder sur l'éducation et l'engagement de tous individus et organes de la société.

L'enregistrement des personnes comme Citoyens du Monde est une technique d'éveil, de conscientisation et de mise en marche. 160000 personnes de 114 pays ont fait cette démarche. Très vite les fondateurs ont imaginé une manière collective d'éveil et d'information, par les villes et communes appelées, chacune, à se déclarer " territoire mondial lié à la communauté mondiale ". La ville de Cahors, en juillet 1949, a ouvert cette voie à des centaines d'autres villes, communes ou autres entités territoriales. Elles sont plus de 240 dans le département du Lot. On peut citer Nîmes, Béziers, Toronto, Mississauga, Hiroshima, Nagasaki, Kyoto, et même l'État du Minnesota. Parmi toutes ces communautés définies par un territoire, voici les exemples de deux immenses écoles ont fait cette démarche : la City Montessori School de Lucknow, en Inde, et Bona Espero dans l'État de Goias au Brésil.

A la fin de chaque année, la City Montessori School de Lucknow, qui est forte de plus de 30000 élèves, organise une conférence internationale des présidents de cour de justice autour de l'article 51 de la constitution indienne. C'est au total un réseau ou au moins une participation de 1098 juges de 126 pays Cette année, du 14 au 20 novembre, donc maintenant, c'est la 19ème conférence sur le thème " Unir le monde pour les enfants par une loi mondiale applicable et une gouvernance mondiale efficace ".

Au Brésil, aujourd'hui même 18 novembre 2018, l'école Bona Espero, créée il y a 60 ans, inaugure le monument de mondialisation.

Selon un message en date du 12 novembre, la stèle était en voie de finition. "D'un côté en portugais, de l'autre côté en Esperanto, on y lira le titre et les noms de 20 villes symboliques avec les distances qui les séparent de Alto Paraiso : Hiroshima à 17552 km, Paris à 8541 km, etc. Dans le mur ont été gravés les noms des 77 personnes qui ont signé la déclaration de mondialisation de notre école domaniale (1.400 hectares) et approuvé la création de ce monument symbolique du fait que la terre est unique et que nous en sommes les habitants. Ensuite nous essaierons de réaliser le même monument dans la ville de Alto Paraiso, qui compte 8000 habitants.

Et ce petit mot qui nous est destiné aujourd'hui : " Nous vous adressons nos vœux de courage et de force pour que la commémoration soit réussie et fasse prendre conscience de la nécessité de la citoyenneté mondiale. "

Bien amicalement. (Signé) Giuseppe et Ursula Grattapaglia.

Voilà les prolongations d'une action qui a commencé ici même le 19 novembre 1948.

L'an prochain, nous fêterons les 70 ans du mouvement de mondialisation de Cahors et du département du Lot.


1. A LA SALLE VICTOR HUGO (Assemblée Nationale) :

 


Pour une Institution Mondiale de Solidarité, par Daniel Durand

Les Citoyens du Monde ne doivent pas compter sur les gouvernements pour réunir l'Assemblée Constituante Mondiale qui donnera à l'humanité les moyens d'assurer la paix. Ils sont contraints de prendre leurs affaires en mains afin d'ouvrir la voie de la création des institutions nécessaires.

La Déclaration Universelle des Droits de l'Homme précise, dans son introduction, que la mise en application des Droits de l'Homme ne se fera que par la volonté " de tous les individus et de tous les organes de la société " qui doivent s'efforcer, " par l'enseignement et l'éducation, de développer le respect de ces droits et libertés et d'en assurer, par des mesures progressives, la reconnaissance et l'application universelles et effectives. "

Il nous appartient donc, à nous tous, d'identifier les bases nécessaires à une coexistence pacifique, de proposer des voies nouvelles et de les expérimenter.

La DUDH considère comme essentiel que les droits humains soient protégés par un régime de droit. Elle dit aussi que l'autorité vient du peuple qui doit s'exprimer de manière démocratique.

Le premier pas sera donc l'établissement d'un régime de droit sur des bases démocratiques. Il nous faut une constitution mondiale et une assemblée parlementaire mondiale.

Si l'ONU ne peut pas aller dans cette direction, elle ne peut que s'affaiblir et entraîner dans sa chute des pans entiers du droit international qui lui sont liés.

Si l'ONU ne peut pas aller dans cette direction, il nous appartient à nous, Citoyens du Monde, de prendre le relais. Je viens de résumer ainsi la pensée d'Alfred Rodriguès Brent lorsque, dans les années 50, il a proposé la création du Congrès des Peuples. Malgré sa faiblesse, le Congrès des Peuples a une existence depuis 1969, se fondant sur la volonté exprimée par un corps électoral de plus de 100000 personnes de 114 pays. Le Congrès des Peuples est la préfiguration d'une Assemblée Mondiale représentative capable d'établir des Institutions Mondiales Publiques.

Quelles institutions ? Voici quelques exemples :

  • Une institution mondiale pour le contrôle du désarmement. Cette proposition se fonde sur les travaux de Louis Periller, qui alors qu'il était lieutenant d'active, avait participé à une commission de ce type dans le cadre de la Société des Nations.
  • Une autorité mondiale de l'environnement. Cette proposition a été longuement travaillée par le Conseil International de Liaison pour une Autorité Mondiale de l'Environnement - CILAME - animé par Jerry Bourgeois. Le CILAME, actuellement en sommeil, est au nombre des partenaires de l'événement qui nous rassemble aujourd'hui.
  • Une autorité mondiale des océans. Cette proposition est issue d'un colloque réuni à Aix-en Provence en Avril 1974. Elle est toujours d'actualité. Preuve en est : le bateau de Jean-François Lilti engagé dans la course de voilier " Route du Rhum " de cette année, en partenariat avec l'École Diagonale pour Citoyens du Monde, afin de soutenir et de faire connaître la charte des océans.
  • Une institution mondiale citoyenne des droits humains. Cette proposition a été exprimée lors d'une réunion du Congrès des Peuples à Brasilia en mai 2009. Elle trouve un début d'application au Registre des Citoyens du Monde
  • Une monnaie mondiale, en référence aux travaux de Charles Warin, et quelques autres, encore … et
  • Une institution mondiale de solidarité que je vais développer en quelques minutes.

A. A new Delhi, en 1968 a eu lieu la deuxième Conférence des Nations Unies sur le Commerce Et le Développement " CNUCED ". Sur proposition d'une partie importante de la société civile, dont le Conseil Œcuménique des Églises, et après une campagne de plaidoyer auprès des instances onusiennes, la deuxième (CNUCED), a fixé aux États-membres l'objectif d'une contribution de 0,7 % pour l'aide au développement des pays pauvres. L'accord sur le montant de l'aide publique au développement (ADP) de la part des pays donateurs n'a toutefois jamais été respecté, sauf de la part de quelques pays nordiques.

B. Face à ce manque de volonté politique des pays riches, un groupe de Citoyens du Monde a créé, en France et en Belgique, le " Mouvement 1 % Tiers-Monde, pour un impôt mondial de solidarité ". Le principe est qu'on n'attend pas que les gouvernements honorent leurs engagements, mais on le fait : on met la main à la poche, on passe à l'action. C'est ainsi que se sont créés en France et en Belgique environ 150 groupes 1 %. Ce mouvement a ensuite fusionné avec un autre mouvement créé par un autre Citoyen du Monde : UCOJUCO, fondé par l'Abbé Pierre après le Tsunami qui avait frappé le Pakistan oriental (l'actuel Bengla Desh) en 1971. Ce fut la création de l'organisation " Peuples Solidaires " maintenant adhérente de Action Aid.

C. La revendication d'un impôt mondial de solidarité n'a pas résisté à la fusion. C'est alors que la commission " Faim et Développement " des Citoyens du Monde, commission animée par Michel Cépède (ancien directeur de la FAO) et Bernard Muet a proposé la création du " Fonds Mondial de Solidarité contre la Faim ", maintenant appelé " Solidarité Mondiale contre la Faim ". J'en suis co-fondateur avec Renée Marchand en 1982. Le 3ème objectif de cette organisation citoyenne du monde est ainsi rédigé : instaurer un véritable " impôt mondial contre la faim ". Et le 8ème : promouvoir une action auprès des États et organismes internationaux pour qu'ils acceptent les transferts de souveraineté nécessaires à la création d'une véritable Institution Mondiale de Solidarité. Pour mettre cet objectif en pratique, nous avons adopté les principes du mutualisme : La terre peut nourrir tous ses habitants si chacun se rend solidaire de tous.

Solidarité Mondiale se propose, au travers de sa pratique d'initiation au développement, non seulement de réunir les conditions propices à l'amélioration de situations locales ("projets"), mais aussi d'institutionnaliser un principe de démocratie fédéraliste à l'échelle mondiale.

Répondant à l'analyse des Citoyens du Monde selon laquelle la division anachronique de la planète en États absolument souverains conforte la compétition sauvage, l'épanouissement d'idéologies impérialistes ou totalitaires, la confiscation par une minorité des ressources du globe, la négation des Droits de l'Homme, la course aux armements et la dégradation de la biosphère, Solidarité Mondiale amorce en contre-pied une pratique de solidarité indépendante des États et des groupes de pression de tous acabits. Face aux pouvoirs économiques multinationaux, il a le projet ambitieux de se mettre en mesure d'opposer un jour la volonté transnationale des peuples à choisir librement leur propre modèle de développement.

Au plan institutionnel, la constitution d'unités géographiques homogènes sous les aspects écologique, socio-économique et culturel, animés d'une vie démocratique et fédérées dans l'Assemblée Générale de Solidarité Mondiale devra permet²²²²²tre de jeter les bases d'une exploitation raisonnée des ressources (développement autocentrés, économies endogènes) en préservant l'identité des populations.

Au plan de l'individu, la pratique de Solidarité Mondiale sera particulièrement éducative : chaque bénéficiaire d'un projet usera, s'il est membre, de sa souveraineté individuelle à l'intérieur de Solidarité Mondiale dont il sera mutuellement propriétaire avec les autres. Le pêcheur malgache saura que le paysan brésilien et l'artisan thaïlandais l'ont aidé à améliorer ses conditions de vie, et réciproquement. De la sorte, s'introduira peu à peu la conscience de subsister sur une même planète dont les fruits doivent être répartis équitablement. C'est bien cette mutation de conscience dont l'humanité a besoin pour accéder au stade de développement harmonieux dont elle a d'ores et déjà les moyens techniques.

D. Cependant, nous sommes conscients qu'une seule organisation non gouvernementale ne peut pas mener un projet aussi ambitieux qu'une Institution Mondiale de Solidarité, nous avons donc, en 1983, produit une charte que nous avons proposée aux ONG convergentes. http://www.recim.org/dem/ims-fr.htm

Nous n'avons réuni que 35 signatures d'organisations de 6 ou 7 pays. C'est peu. Les signataires de cette charte ont été, depuis, invités à rejoindre l'Assemblée des Citoyens du Monde, dont la charte, plus généraliste, a fédéré un peu plus de 160 organisations.

E. Arrivé à ce point, il faut bien sûr citer le mouvement ATTAC : l'Association pour la taxation des transactions financières et pour l'action citoyenne. Créé en 1998 à la suite d'un éditorial signé d'Ignacio Ramonet dans le Monde Diplomatique, ce formidable mouvement est maintenant présent dans 35 pays. La section française compte 170 groupes locaux et environ 10.000 membres. ATTAC propose que cette taxe serve à financer le développement. Nous sommes là très proches de la position de Solidarité Mondiale contre la Faim. Par contre la gestion de cette taxe dite " Tobin ", si elle était viable, n'apparaît pas clairement. Une fois, en 2002, on a pu lire que cette taxe devrait être gérée par une institution mondiale démocratiquement contrôlée, mais on trouve beaucoup plus de références sur une gestion internationale, donc laissée au bon vouloir des États. Pour nous, c'est insuffisant. Par ailleurs James Tobin, avait admis que sa proposition faite en 1972 ne pouvait plus être réalisée en raison de l'accélération informatisée des transactions.

L'avenir de cette revendication pour une Institution Mondiale de Solidarité est difficile à imaginer. Les revendications que les Citoyens du Monde émettaient autrefois sur le long terme n'ont plus beaucoup de porteurs. En 40 ans, le monde a changé. Nous sommes entrés dans une culture de l'immédiat, de la courte vue et du coup de cœur. Les militants ne sont plus nombreux. Ils se perdent et s'épuisent souvent dans leurs propres expériences qui vont peut-être dans le bon sens, mais qui ne sont pas sous-tendues par une analyse et des objectifs partagés.


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