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La seule façon d'en sortir est de mettre la loi mondiale au-dessus des gouvernements, donc de faire cette loi, donc de disposer d'un parlement, donc de constituer ce parlement au moyen d'élections mondiales auxquelles participeront tous les peuples. Albert CAMUS |
- Les Citoyens du Monde ne se sont pas donné dautre mission que celle dinventer des techniques de sensibilisation pour développer une conscience mondiale permettant de créer une opinion publique mondiale capable de promouvoir et dexiger la mise en place dINSTITUTIONS MONDIALES pour assurer la survie de lhumanité.
- Pour les CITOYENS DU MONDE, la mondialisation est une "technique" comme lenregistrement, cestà-dire un moyen pour accélérer la prise de conscience planétaire des problèmes humains.
- Tandis que lenregistrement est un engagement indidivuel, la mondialisation peut être considérée comme un engagement collectif.
- Lengagement individuel se fait à partir de 3 textes :
- La mondialisation d'une collectivité territoriale se fait à partir de "la Charte de mondialisation"
- La mondialisation d'une organisation se fait à partir de la "Charte de Mulhouse" (ASCOP)
Prendre sa carte de Citoyen du Monde, cest apporter la preuve quon a pris conscience de sa part de responsabilité personnelle dans les problèmes actuels, cest porter témoignage quau-dessus de son appartenance à un groupme local, à une collectivité nationale, le Citoyen du Monde a senti, a compris quil est membre dune communauté plus vaste, celle que constitue lhumanité entière, et quil a envers elle des devoirs, des obligations comme il en a envers sa commune ou envers sa nation dorigine.
Senregistrer comme Citoyen du Monde, cest accepter de participer à la tâche commune à tous les hommes, cest prendre lengagement moral de transcender, de reporter à léchelle planétaire ses obligations de citoyen, cest se déclarer disponible dans la lutte à entreprendre afin dassurer la survie de lhumanité menacée, afin de faire triompher lidéal de justice et de paix auquel aspirent tous les hommes de bonne volonté.
La mondialisation dune commune, cest lacte par lequel la commune, cellule de base de toute organisation nationale, sociale et politique, déclare avoir pris conscience des problèmes qui se posent à la communauté mondiale et sengage à leur chercher, en accord avec toutes les communes du monde, une solution juste et équitable pour tous.
Par cet acte, encore symbolique, la population, soit directement, soit par un vote de son Conseil Municipal, reconnait quelle se rend compte des grands périls qui nous menacent et des réalités qui nous cernent et quelle est prête à assumer pour la part qui lui incombe, ses responsabilités dans lorganisation dun monde cohérent doù langoisse et la misère seraient bannies.
En un mot, par la décision de mondialisation, la commune affirme sa volonté, par delà ses préoccupations locales, de collaborer à lélaboration de la société de demain, de prendre part à la construction dun monde meilleur doù disparaîtraient la peur, la misère et la faim.
Comment est née cette idée de mondialisations, comment sest-elle développée ?
Cest le "Centre de Recherches et dExpression Mondialiste", animé par Sarrazac, qui eut lidée de cette technique nouvelle.Constatant la vague denthousiasme soulevée par le geste de Garry Davis plantant sa tente sur le territoire de lONU au palais de Chaillot, en présence des réactions très favorables provoquées par cette prise de position, devant le succès du meeting au Vélodrome dhiver, le Centre de Recherches mit au point, avec des camarades de Cahors dont le Docteur Sauvé, le texte de la Charte de Mondialisation qui allait être proposée à lacceptation du Conseil Municipal de Cahors le 3 juillet 1949.
Le 20 juillet, le Conseil, nouvellement élu, adoptait la Charte par 20 voix et 7 abstentions.
Dès le lendemain, un groupe de travail commençait une consultation propulaire. 70 % du corps électoral fut touché, 59% des électeurs inscrits votaient oui, 11 % sabstenaient.
Le 30 septembre, le Conseil Général du Lot adoptait un motion favorable et "invitait les municipalités du Lot à examiner lextension du geste de Cahors au département tout entier".
Le 15 février 1950, 239 communes du Lot avaient voté le texte de la Charte. A Figeac, où les dissensions politiques étaient particulièrement vives, un vote de la population fut organisé. 82 % des électeurs inscrits répondirent oui.
Les 24 et 25 juin 1950, des cérémonies consacrant la mondialisation du Lot furent organisées à Cahors.
Tous ceux qui eurent le joie dassuster à ces manifestations en conservent un souvenir inoubliable. La cérémonie au pont Valentré atteignit une ferveur et un enthousiasme indescriptibles. Les 5000 habitants étaient dans la rue.
AUTRES DEPARTEMENTS Parallèlement des tests semblables intervenaient dans la Haute-Garonne et le Tarn-et-Garonne. Revel, patrie de Vincent Auriol, alors président de la République, se mondialisait le 10 février 1950 et son maire, à cette occasion, était reçu à lElysée.
Au printemps 1950, 10 Conseils Généraux, dune zone allant des Landes à lHérault, représentant 3.400.000 habitants, votaient des réslutions favorables à la Charte.
Dans diverses régions de France, au cours de lannée 1950, de nombreuses communes suivaient lexemple de Cahors.
16 municipalités dans lAude, 24 en Haute-Garonne, 13 dans le Tarn-et-Garonne, 13 dans le Pas-de-Calais, lîle de Sein, 2 communes de la Meuses se déclarianet territoire mondial. En 1951 et 1952 dautres encore venaient sajouter à la liste ; en Isère en particulier, Marius POIZAT, maire de Mousteroux-Milieu, profitant du renouvellement du Conseil Municipal, organisait une consultation électorale parallèle et obtenait sur le vote de la Charte une majorité plus substantielle que celle recueillie sur sa liste.
Dans la Drôme, par conseultation individuelle de chaque électeur, nous obtenions la mondialisation de Bourdeaux, chef-lieu de canton et de deux communes avoisinantes ; ces référendums ont été confirmés par le vote du Conseil Municipal
Hors de nos frontières, les mêmes résultats encourageants étaient obtenus. En Allemagne Koeningswinter et Oberwinter, Brande au Danemark se mondialisaient. En Belgique, grâce à Maurice Lejeune, Chassepierre et Florenville puis Mont-sur-Marchienne et Grand-Manil en Italie Rocca Sinibalda, partout où lexpérience étaient tentée, les résultats étaient semblables.
En Inde, le syndicat paysan de Kisan Panchayat, les deux plus grandes universités, Lucknow et Allahabad adoptaient le texte de la Charte.
Le Japon, encore traumatisé par les horreurs dHiroshima et de Nagasaki commençait à son tour à sintéresser à cette action avec la mondialisation de la cité dAyabe, et grâce en particulier à lassociation Ooomoto, de nombreuses villes, puis des préfectures entières se joignaient au mouvement.
GARD Puis, dans le département du Gard, laction fut poussée encore plus en profondeur par Renée et Roger Volpelière.
Le 11 décembre 1950, le Conseil Général avait voté la motion suivante :
"Mis au courant des initiatives de mondialisation des communes et villes françaises entreprises dans divers départements par ladoption de la Charte de mondialisation,Après avoir reconnu la haute portée de cette Charte, appelant individuellement et librement les habitants des communes de France à affirmer leur volonté de paix en liant cette volonté à celle de tous les peuples du monde,
Considérant que la paix et le souhait sacré de tous les Français, quelle est un bien commun à lhumanité tout entière et quainsi sa sa défense nappartient pas seulement à tel ou tel parti ou mouvement, mais quelle doit sorganiser unanimement par des voies et moyens démocratiques sur des propositions constructives.
Considérant que cette formule de consultation individuelle populaire en dehors des partis natteint aucun deux et quainsi au lieu de diviser les hommes, elle les unit fraternellement.
Le Conseil Général du Gard enregistre avec satisfaction linitiative et ladhésion de plusieurs communes du départements français à la Charte de mondialisation qui rend possible cette unanimité populaire,
Engage les communes du département du Gard à étudier attentivement la Charte de mondialisation qui va leur être soumise par le Conseil français provisoire des communes et villes mondialisées et les invite à y souscrire, afin que leur geste prouve au monde la volonté unanime de paix du peuple de France, sans considération de parti, de croyance ou didéologie."
Aidés du pasteur Monteil et de M.Soubeyran, forts de cet appui du Conseil Général, Renée et Roger Volpelière commençaient, pendant tous leurs loisirs, une campagne intensive. Visite aux Maires, aux Conseillers municipaux, à toutes les personnalités de la commune, réunions dinformation, articles de presse.
Le 1er juillet 1951, une réunion à Nozières permettait danalyser les premiers résultats. 91 communes mondialisées en 6 mois. Le Conseil Français des Communes et Villes mondialisées était créé, dont M. Paganelli, Inspecteur Général honoraire, Préfet du Gard honoraire, prenait la présidence ; M. Amphoux bien connu dans les milieux agricoles et viticoles, en assumant le secrétariat général.
Le nombre des communes mondialisées dans le département croissait rapidement : Uzes, Le vigan, Alès, puis Nîmes, se joignaient à ce grand élan et lors des fêtes de mondialisation de Nîmes, les 18 et 19 octobre 1958, 260 communes sur 355 avaient adopté la Charte, 31 avaient voté des subventions annuelles de 1.000 à 15.000 A.F., le Conseil Général, à partir de 1955, versait une subvention de 25.000 A.F. puis votait un crédit exceptionnel de 500.000 A.F. pour le collogue international du Pont du Gard, auquel assistaient, entre autres personnalités, Lord Attlee, ancien Premier ministre anglais, et Lord Boyd Orr, Prix Nobel de la Paix. La ville de Nîmes votait une participation de 1.000.000 A.F. pour les fêtes de mondialisation. Des cérémonies dinauguration du disque arc-en-ciel étaient organisées dans de nombreuses localités chaque fois devant un public toujours aussi nombreux et dans un enthousiasme fervent.
Enfin, démouvantes manifestations se déroulèrent à Vallon-Pont-Darc le 14 mai 1956, en présence des princiaples personnalités du Département, sous la présidence du Maire, M. Ageron. Linauguration de la stèle de mondialisation donna lieu à une cérémonie inoubliable, devant une foule vibrante qui proclamait par sa présence son espoir en une organisation plus harmonieuse de notre planète.
Vallon-Pont-dArc sera la première commune qui donnera limpulsion pour voter au Congrès des Peuples, grâce à la réunion du 12 juillet 1970. Elle entraînera dans ce vote transnational Orval, mondialisée en 1969 par Henri Cainaud, et Chassepierre, qui participera à la 2ème élection au Congrès des Peuples.
NIMES TEXTE DE LINSCRIPTION PLACEE SUR LA STELE DE MONDIALISATION
Cette commune est territoire français et sest reconnue territoire mondial :
La collectivité, mondiale, faite de villages et de villes, doit être protégée contre la menace atomique, les reculs de civilisation de la guerre froide, et les dévastations de la guerre. Elle doit organiser les coopérations minima indispensables à son développement au bénéfice de tous les hommes.
Seuls les Contrôles Mondiaux, des Lois, des Institutions et une Haute Autorité Mondiale garantiront à tous, des coopérations et des protections minima de mondialité.
En se mondialisant, cette commune entre au Service du Bien Public Mondial. Elle appelle au devoir de protection de chaque commune par toutes, à la prise en charge des Intérêts Supérieurs de la Collectivité Mondiale.
Parcelle de cette collectivité, elle sengage à contribuer à sa protection et à son développement. Elle participera à fonder par le vote, le service et le respect de ses lois, la première civilisation de cohabitation mondiale.
Une telle entreprise de défense de la patrie de lhomme requiert, plus que la guerre, élévation et sacrifice.
LES MONDIALISATIONS HORS DEUROPE
La technique des mondialisations, expérimentée en Europe dès 1949 (particulièrement en France, mais aussi en Belgique, en Grande-Bretagne, Italie, Allemagne, etc.) se retrouve peu après, sous linfluence du Mouvement Universel pour une Fédération Mondiale, dans les continents américain et asiatique.En Asie, après quelques expériences en Inde, le mouvement trouve un terrain particulièrement favorable au Japon, durement touché matérielelment et surtout psychologiquement par la guerre et l"expérience" atomique.
En Amérique, le mouvement se développe essentiellement au Canada, sous limpulsion de responsables du MUFM particulièrement dynamiques, le couple A. et H. Newcombe.
Nous dirons successivement quelques mots de la situation dans ces deux pays.
MONDIALISATIONS A LA MODE JAPONAISE
Cest en 1950, peu avant que néclate la guerre de Corée, que se déclare mondialisée la cité de Ayabe, qui vient de se former par la fusion de plusieurs villes et villages juxtaposés jusque-là.
La résolution du Conseil Municipal fait référence à larticle 9 de la Constitution du Japon qui comprte le renoncement de celui-ci à la guerre. La déclaration suivante est adoptée : "La Ville de Ayabe se déclare en complet accord avec lobjectif dune fédération mondiale à créer, sur la base du maintien de la paix mondiale comme prévu par la Constitution japonaise, et affirme quaucun effort ne doit être épargné en vue détablir une paix permanente sur la terre en coopération avec le reste du monde."
Quelques autres villes et villages du Japon se déclarent mondialisés, entre 1950 et 1956, dont Hiroshima en 1954. Mais le mouvement prend vraiment de lampleur à partir de 1956 (entrée je Japon aux Nations Unies) et surtout 1957 (mondialisation votée par lAssemblée Provinciale de Okayama, province de plus de 2 millions dhabitants. La "déclaration" finalement adoptée ne comporte cependant pas strictement le mot "mondialisation" : lAssemblée déclare "être en faveur de la création dun gouvbernement fédéral mondial par le renforcement des Nations Unies".
A ce jour (1970) près de la moitié des provinces du Japon ont adopté des délarations de mondialisation. En 1966, un Conseil Mondial pour la Mondialisation a été créé par le M.U.F.M. et son siège se trouve au Japon à Hiroshima.
MONDIALISATIONS A LA MODE CANADIENNE
Daprès Alan et Hanna Newcombe, une résolution votée par un Conseil Municipal (ou une autre autorité locale) risque dêtre oubliée si aucune autre action ne rappelle aux citoyens sa valeur permanente. Dans cette optique, ils ont proposé en 1966 que chaque vote soit accompagné de trois autres décisions :
- Faire flotter sur lHôtel de Ville, le drapeau des Nations Unies, à côté du drapeau national,
- organiser chaque année une collecte en vue de verser au compte spécial des Nations Unies une somme égale à 0,01 % des impôts de la collectivité locale,
- Organiser un jumelage avec une communauté mondialisée dun autre pays.
Les arguments quils donnent en faveur de cette mondialisation "nouvelle manière" sont les suivants :
- Drapeau : malgré tous leurs défauts, les Nations Unies possèdent le seul drapeau reconnu dans le monde comme étant celuui dune organisation mondiale. Chaque jour, il rappelle aux citoyens quil existe un monde au-delà des confins locaux
- Collecte : tout le monde ne peut lire Clark & Sohn ou discuter avec un membre du Foreign Office, mais chacun, même un enfant de 13 ans, peut vendre des "timbres pour la paix" en donnant les explications nécessaires, on peut donc acheter ces timbres en écoutant ces explications.
- Jumelage : cest une opération populaire. Presque tout le monde peut se trouver concerné par une activité en découlant : échanges de dessins denfants, de photos, de films damateurs, correspondance, échange de jeunes, etc. Les différences locales sestompent. La presse locale parle de ces activités, ce qui constitue une bonne propagande.
- Une réaction en chaîne favorable est ainsi amorcée.
A ce jour (1970), huit gouvernements locaux, représentant plus de deux millions de Canadiens, ont voté la mondialisation assortie des décisions ci-dessus. En particulier, Ottawa et Toronto ont été mondialisées. Le programme a le soutien du Premier Ministre P. Trudeau.
CONCLUSION
Quelle que soit la technique de mondialisation employée, il est urgent que toutes les villes du monde qui se sont déclarées mondialisées, se rassemblent dans un Conseil International de mondialisation afin daccélérer le processus de mondialisations à travers la planète et de se saisir dévènements mondiaux pour faire prévaloir à achaque fois la nécessité de la mise en place dInstitutions Mondiales, seule solution aux conflits et aux problèmes économiques de lhumanité.
Le Conseil International de mondialisation pourrait par exemple :
- exiger que des lieux stratégiques ou indispensables à la survie de lhumanité passent sous le contrôle et la gestion dorganismes supranationaux, tels : le canal de Suez, la forêt brésilienne, Jérusalem, le canal de Panama, le Sahara, les océans... ;
- faire participer les communes aux élections transnationales pour le Congrès des Peuples.
Texte de la brochure 13 des Citoyens du Monde, reprise dans le tome 1 de la SOMME MONDIALISTE.